New History of the DC Universe : un récit malheureusement pas si clair.
Une grosse review critique de New history of the DC Universe / Nouvelle Histoire de l'univers DC, et de ce que ça indique notamment de DC aujourd'hui.
DC Comics est actuellement une vieille maison d'édition. 90 ans au compteur en 2025, et ça tourne toujours. Et je ne cache pas une certaine affection (et une affection certaine) pour la firme au deux lettres.

Brève histoire de DC Comics
Avant de rentrer dans le vif du sujet.
Brève histoire de DC Comics
Son histoire interne est compliquée. Née en 1935 sous le nom de National Allied Publications, la maison d'éditions publie un certain "New Fun : The Big Comics Magazine" (qui se transformera en More Fun Comics après). L'histoire des Comics, ou en tout cas des comic-books sous leur forme reliée, est intimement liée au mot fun (d’abord sous le nom de Funnies dés 1926, puis Funnies Parade et Famous Funnies en 1933).
C'est en suivant ce modèle que le Major de Cavalerie Malcolm Wheeler-Nicholson décida de lancer sa propre maison d'édition en 1935. Déjà lancé auparavant dans l'écriture d'histoires pulp dans les revues de l'époque (dès 1922), il décida de se lancer dans le nouveau marché narratif de la bande dessinée (surtout qu'il avait déjà travaillé sur une adaptation en comic-strip de l'île au trésor (de Robert Louis Stevenson) avec le dessinateur N. Brewster Morse.
La particularité de la production de "New Fun" en 1935 est que c'est la première publication qui ne contient que du matériel inédit - et non pas principalement des rééditions d'histoires venues d'anciens journaux. D'autres titres suivront, comme New Comics fin 1935 (qui deviendra Adventure Comics) et Detective Comics en 1936-1937.
Mais criblé de dettes, Wheeler-Nicholson a du entrer en partenariat avec Harry Donenfeld (editeur de pulp et distributeur de magazines) pour former Detective Comics, Inc. pour publier ce dernier titre. Au bout d'un an, le Major est forcé à quitter la compagnie, DC inc. rachète le reste de National, qui se met en faillite.
Max Gaines (qui a lancé Famous Funnies chez Dell et permit l'essor des comic-books) créé une maison-sœur à DC nommée All-American Comics (avec des fonds prêtés par Donenfeld). Et chez DC, on crée un nouveau titre, Action Comics, avec un certain Superman en couverture.
L'arrivée de Superman sera un énorme succès (malgré que DC n'y croyait pas du tout), et moult super-héros arrivèrent, tant chez DC (Batman, Sandman, Wonder Woman), All-American (Flash, Green Lantern, Atom) ou encore d'autres éditeurs (Captain Marvel/Shazam, Captain America, The Shield, Blue Beetle, Doll Man, ...). DC et All-American profitèrent de leurs nombres de héros pour faire une équipe (la première !) de super-héros, surtout pour mettre en avant ceux qui étaient moins populaires : la Justice Society of America.
All American sera fusionné avec DC Comics en 1946, après l'achat des deux compagnies par Jack Leibowitz, sous le nom de National Periodical Publications (en mettant toujours en avant dans les logos Superman et DC). D'autres compagnies furent par la suite rachetés, comme Fawcett (Captain Marvel/Shazam, ...), Charlton Comics (Blue Beetle, The Question, Captain Atom, ...), ou encore Quality Comics (Plastic Man, Freedom Fighters, ...) ... Bref, DC s'est autant formé par la qualité de ses équipes créatives, que par le rachat/fusion avec d'autres compagnies (ses différents ajouts restant "dans leur jus", dans leur état d'origine, en connaissant des histoires placés dans des univers parallèles différents de celui de la première fusion entre DC et All-American.)
DC choisit de s'appeler officiellement DC en 1977. Mais avant cela, la compagnie dû affronter le désintérêt des comics (notamment super-heroique) et l'autocensure du Comics Code des années 50. Beaucoup de personnages de DC cessèrent d'exister à cette période. En fait, seuls 5 personnages de l'âge d'or subsistèrent : Superman, Batman, Wonder Woman, Aquaman et Green Arrow. Et encore, Aquaman et Green Arrow ne survécurent qu'en histoire back-up (des histoires courtes en fin de numéros).
En 1956, le nouveau directeur éditorial décida de redonner de la vie aux vieux héros abandonnés en leur redonnant de nouvelles identités : Cela commença par Flash, puis Green Lantern, et ainsi de suite. Et alors naquit la Justice League of America. Les super-héros reprenaient du poil de la bête (et Marvel, à côté, inventa peu après les 4 Fantastiques et son univers super-heroique actuel).
Mais les vieux héros intéressait un peu des nouveaux lecteurs, et certains anciens lecteurs était un peu nostalgiques des plus vieux héros disparus. Ainsi, il fut décidé que les héros de l'âge d'or vivraient désormais sur un autre univers (Terre 2, comme si c'était un autre éditeur racheté), et cela se concrétisa par la rencontre entre l'ancien Flash (Jay Garrick) et le nouveau (Barry Allen), en 1961.
Ainsi naquit le Multivers DC. Un multivers qui fut moqué parfois par la concurrence et certains lecteurs/artistes, qui amena à la destruction de ce même Multivers en 1985/1986 dans Crisis on Infinite Earths pour les 50 ans de DC.

C'est à cette occasion qu'eut lieu la première itération de ce qui nous intéresse aujourd'hui, History of the DC Universe. Censé être les deux derniers numéros de Crisis , ils sortirent finalement plus tard (Wolfman & Pérez étaient fatigués après les 12 numéros épiques de COIE - on le serait à moins.)

La première History of the DC Universe
Avant de parler de la New, tout de même.
Cette première tentative de raconter l'ensemble fut faite en prose, de la part d'un personnage un peu omniscient et qui n'appartient pas vraiment aux héros DC (il s'agit d'un personnage nommée Harbinger, qui avait un grand rôle dans le récit de Crisis, mais pas avant et très trés peu après).
Le récit, bien que raconté du point de vue d'un personnage, est un personnage quasiment divin, qui connaît tous les remous des différents multivers, et surtout, ne va pas parler de ses différents multivers (puisque le récit est basé sur la fin de Crisis, il ne reste donc plus qu'un seul univers).
Wolfman - et surtout Pérez - racontent donc dans cette œuvre une histoire d'un DC unifié, sans rentrer dans les détails des histoires, se contentant de placer des repères chronologiques pour chacun, du début de l'univers au 31éme Siècle avec la Légion des super-héros en passant par les débuts de l'humanité avec Anthro. (Et peu importait leur importance narrative, comme par exemple Anthro, sept histoires seulement à son actif depuis sa création en 1968).

Nous sommes ici sur une narration qui nous pose les grands principes des personnages, les uns à la suite des autres, dans un temps chronologique stable et unie.
Quelque part, cette œuvre montre que l'univers unifié proposé par Pérez fonctionne, et que c'est finalement le fait de ne pas imposer de décisions au terme de l'event Crisis qui va bouleverser longuement la Chronologie DC et avoir des remous que l'on sent encore aujourd'hui. Par exemple, c'est en laissant Byrne décider que son nouveau Superman n'avait pas été Superboy et était le seul survivant de Krypton que la Légion des Super-Héros en est à sa quatrième (voir cinquième selon l'évolution des événements en cours) version. Pareillement, c'est le choix de ne pas fixer une version d'Hawkman (et notamment le choix d'utiliser deux versions différentes dans deux titres différents après Crisis) qui va créer tout un remue-ménage autour de la merveille ailée. C'est dommage à dire, mais c'est la liberté laissée aux créateurs après Crisis qui va vraiment abimer la chronologie DC, pas Crisis en lui-même.
Quand à History of the DC Universe premier du nom, c'est une lecture simple à suivre et très agréable, et même quelqu'un ne connaissant rien à DC en retirera le suc, car l’œuvre n'est après tout qu'une litanie de noms et de concepts en suivant l'avancement du temps. [Nous en reparlerons, mais cette "nouvelle histoire de DC" n'a malheureusement pas cette qualité].
Mais avant de parler, définitivement, de New History (il serait temps, après 1180 mots, mon cher Parod), finissons un peu notre histoire des vicissitudes et turpitudes de DC Comics, après Crisis on Infinite Earths.
Comme on l'a déjà mentionné, des éléments vont commencer à se contredire dans cet univers fusionné de multiples personnages et origines. DC va vouloir corriger cela, soit à coup de grosses sagas événements compliqués à cause de tous les changements à adresser (Zero Hour ou encore Infinite Crisis), ou encore de multiples itérations de concepts (Hawkworld, la légion des trois mondes, Supergirl Ange, l'hypertemps, ...) qui resteront des pis-aller plutôt que de véritables solutions.
DC finit de se restructurer dans le milieu des années 80 en arrêtant ses titres de guerre (une institution pourtant forte, avec des personnages comme Sergent Rock, Le Soldat Inconnu ou encore le titre Weird War Tales) et commence à embrasser en même temps de nombreux auteurs venus du Royaume-Uni : Alan Moore, Neil Gaiman, Grant Morisson, Jamie Delano, Peter Milligan, ... Tout cela se concrétisera par la naissance du label Vertigo chez DC en 1993.
DC commencera à manger à deux rateliers à la fois. D'un côté, il fera des histoires plus longues et plus violentes chez ses super-héros, suivant la mode des années 90 (pensez à la mort de Superman, Bane qui casse le dos de Batman ou encore Hal Jordan qui devient Parallax.

De l'autre, DC tentera de parler à des publics plus de niche. Déjà avec Vertigo et des titres plus matures, mais aussi en tentant des labels différents : Piranha Press (1989-1994) pour les comix de la scène alternative ; Impact Comics (1991-1992) qui prend les personnages d'Archie Comics pour en faire une brève ligne super-héroique ; Milestone Comics (1993-1997) pour un univers à part avec des personnages issus de diverses minorités (Static Shock, Icon, Hardware, ...) ou encore Paradox Press (1993-2001) pour publier des œuvres hors des champs déjà traités par ses autres labels (comme A history of Violence ou la longue série des Big Books).
En 1998, DC récupéra les droits de l'éditeur Wildstorm (alors faisant partie d'image Comics), ainsi que d'ABC (une sous-division de Wildstorm, avec de nombreux titres crées par Alan Moore). Pour Wildstorm, DC ne fusionna pas les univers, mais suivit sa vieille recette de leur donner leur propre univers à part.
Cela dura jusqu'en 2011, où les personnages WildStorm furent rajoutés à la grande fusion qu'est DC suite à Flashpoint et à l’ère éditoriale dite des "New 52".
Cette époque fut une époque de renouvellement, tant pour le meilleur (Batman, Aquaman, ...) que pour le pire (Superman, par exemple. Il est difficile de nier qu'en l'espace d'environ 6 ans, Superman est passé d'un personnage scruté par les médias hors comics, comme sa décision de renoncer à la citoyenneté américaine à la fin des années 2000, à une mort en 2016 dont personne n'a parlé - et s'en foutait, d'ailleurs.). Beaucoup de choses n'ont pas marchés, dont une bonne partie par un manque de préparation criant et une direction de ligne court-termiste pour rester poli. Les changements étaient actés, puis annulés peu de temps après, et rien ne semblait vraiment construit pour durer.
L’ère DC Rebirth, puis les deux suivantes, DC Infinite et Dawn of DC réussirent à redonner de la cohérence interne à la compagnie par petits applats, non sans mal et quelques fracas malheureux (comme de nombreuses personnes laissées sur le carreau, surtout dans le personnel de DC).
Nous sommes désormais dans une nouvelle ère éditoriale nommée "DC All-in", et c'est maintenant que la compagnie décide de publier une nouvelle histoire de l'univers DC.

New History of the DC Universe.
"ENFIN !", s'écrit le lecteur harassé.
Notons donc déjà, en premier lieu, que cette "nouvelle histoire" s'inscrit dans un cadre presque inversé avec son aîné. Nous ne sommes pas ici après une saga-événement bouleversant ardemment le statu-quo, au contraire, avec DC All-In et sa structure narrative imbriquée, nous serions même au prémisse de quelques bouleversements de ce genre (ou en tout cas, c'est ce qu'il apparaît à cet instant T à votre serviteur). Il ne s'agit pas ici de donner des repères pour un nouvel univers unifié, mais au contraire d'expliquer les nombreuses sagas passées. En bref, nous sommes loin de bases posées pour de nouvelles histoires, mais au contraire d'un bilan, d'un résumé des épisodes précédents.
Bref, si vous avez l'impression d'entendre "Previously, on the Walking Dead", c'est normal, on se rapproche plus de cette intention dans cette œuvre. Contrairement au "il était une fois" de la première itération. Et c'est là, peut-être, que cette itération se prend les pieds dans les tapis. Mais je vais un peu vite en besogne, tout de même, présentons l'objet de notre discussion.
New History of the DC Universe est une mini-série (1) en 4 numéros sorties d'août à Décembre 2025 aux USA, scénarisé par Mark Waid (qui semble servir entre guillemets "d'architecte" de la direction narrative des titres DC avec Joshua Williamson et Scott Snyder). Niveau dessin, deux artistes différents en général semble se charger d'alterner les illustrations de chaque numéro : on y retrouve pêle-mêle Todd Nauck, Jerry Ordway, Brad Walker, Michael Allred, Goug Mankhe, Dan Jurgens, Tony S. Daniel ou encore Hayden Sherman.
En version française, l'ouvrage a été traduit par Jérôme Wicky (2). Votre serviteur n'a pas encore pu lire la traduction, mais il a plutôt confiance. Et bien que sorti en fin d'année 2025 en version originale, la publication a déjà commencé en langue française par Urban Comics depuis le 28 Novembre 2025 et s'est terminée le 27 Février 2026. Le tout sous la forme de 4 numéros en format de "kiosque souple", au prix de 6.90€ pour 48 pages. Et aussi dans un coffret auto-désigné "collector" regroupant les deux premiers numéros pour 12.90€.
L'histoire commence par un Barry Allen (Flash 2éme du nom) à la retraite, qui en profite donc pour écrire l'histoire de l'univers narratif de DC Comics dans une pièce remplie de memorabilia liés à de nombreux héros et vilains. Et déjà, je sens mon fan pointilleux en moi qui remonte, et qui veut dire que c'est pas très cohérent d'avoir tel ou tel objet au vu de tel ou tel événement du passé, ou juste hurler de joie en voyant tel truc, et bref, faut pas aller par là.
Calme, Sn, Calme.

Je ne vais pas partir sur une critique de tel ou tel point de détail de décor, ou autre. Déjà parce que ce n'est absolument pas constructif, puis que c'est un peu chiant à part pour deux, trois autres tarés comme moi, et enfin parce que ce serait hyper long. Par contre, je vais essayer de voir les choix effectués par Mark Waid, sans doute en accord avec pas mal de gens à DC, hein, et d'analyser un peu ce que ça va dire.
Le premier point, qui va me chagriner pas mal, c'est d'écrire le récit du point de vue de quelqu'un. Oui, c'était le cas du premier récit, mais la personne choisie est alors en dehors des contraintes de l'espace et du temps et nous raconte ça pratiquement comme une divinité au-dessus de tous ces gens.
Or, ce n'est pas le cas de mr. Barry Allen, largement soumis au même réécritures temporelles que tout les personnages, et donc qui a déjà été largement modifié. Ce qui signifie que le récit raconté n'est pas ce qui s'est passé, mais comment les personnages de cet univers s'en souviennent. Et c'est très, mais alors très différent d'être du coup une "HISTOIRE", qui est une science qui essaye d'être la plus précise possible - et n'échoue que par manque de données, or, dans ce cas précis, nous - et DC - avons toutes les données, et cela n'est donc pas une contrainte, mais un choix.

Ce choix a une conséquence extrêmement malheureuse (en tout cas pour moi, mais pour d'autres gens également) qui consiste, plutôt qu'à raconter l'histoire tel quel, à plutôt la réarranger. Dans le vocabulaire narratif, cela a même un nom : Retcon, mot valise signifiant Rétro-continuité. Il s'agit d'un changement fait, au sein d'une œuvre ou d'un même corpus d’œuvres ayant une narration commune, de changer des éléments du passé et de dire que ce changement avait, en fait, toujours été là. C'est une pratique extrêmement utile, qui a beaucoup d'utilité, mais que j'avoue avoir du mal vis à vis d'un titre qui a "HISTOIRE" dans son titre.
Pour être honnête, la première History of the DC Universe de Wolfman et Pérez faisait également des retcons. Mais deux points atténuent ce fait alors :
1. Il y en a excessivement PEU. En fait, la principale mentionnée est juste de changer les dates de débuts de certains super-héros, et de dire qu'il n'y avait pas de Superman, Batman ou Wonder Woman dans l'âge d'or des super-héros.
2. Cette première histoire ne raconte qu'assez peu d’événements précis lié à une seule histoire ( D'histoires vraiment précises, je ne vois que la dissolution de la JSA (3) ou encore l'histoire The Great Darkness Saga de la Légion des Super-héros ). De ce fait, elle se limite beaucoup à l'origine des personnages présentés, et à poser le décor de la trame de l'univers DC. Ayant peu de références précises, les retcons sont extrêmement faibles, et basés sur des principes généraux, comme l'idée de transmission et d'héritage dans l'univers DC qui se trouvent encore renforcés. Mais pas des histoires spécifiques.
En quoi c'est gênant ? Pour un lecteur qui a déjà lu, franchement, ça va. Mais je me mets dans la peau d'un lecteur qui n'a pas lu l'histoire référencée en question. S'il ne s'en tient qu'aux futures publications, pas de soucis. Mais s'il lui venait l'idée -pourtant pas vraiment saugrenue - qu'alléché par une présentation dans cet ouvrage, il aille lire l'histoire en question et que ... Bah, franchement, l'histoire en question ne dit pas la même chose, voire même se contredise carrément en fait. Parce que malheureusement, c'est le cas de certains exemples si on prend la publication originelle et le récit condensé et modifié ici. Genre, ne lisez pas la Justice League de Geoff Johns, ou alors oubliez totalement la présence de Cyborg passé le premier arc, car il n'était pas là, il était cryogénisé. Oubliez Cyborg. Je le veux.

Le pire, c'est que l'exemple que j'ai pris est une série multi-réedité et beaucoup lue encore aujourd'hui, 15 ans après sa sortie : C'est la série Justice League de Goff Johns des New 52 (Une série avec des hauts et des bas (débats), mais ce sera peut-être une vidéo ou un article, qui sait ?). C'est pas un truc obscur, loin de là, mais un peu la base d'une bonne partie du run (la Mother Box dans le personnage, bien que discutable, sert beaucoup chez Johns). Difficile de l'oublier, par exemple ...
Et bref, on va lire l’œuvre ensemble (enfin, moi) et je vais m'arrêter quand je vois un truc qui me pose question ou qui mérite explication vis à vis de DC actuellement, et de ce que ça veut dire pour la firme aux deux lettres.

Pensées au fil de l'eau
Ou comme dirait Montaigne, à sauts et à gambades. (Et non à Soho pour des gambasses ...)
Bref, c'est sur ces jeux de mots laids beaucoup trop spécifiques que l'on va commencer à faire un état des lieux des changements sur comment DC Fonctionne. Je ne reviendrais pas sur les pages où je n'ai aucun commentaire à faire. Et désolé, mais ce sera plus technique que l'approche didactique que j'ai essayé d'utiliser jusqu'ici. Bref, comme dirait mon père, on "rentre dans le dur".
La première page ne niaise pas. Direct le vif du sujet, et utilisant les derniers ajouts de la "cosmogonie méta-cosmique" DC, pourrait-on dire. Le début est désormais non plus les Ténèbres, mais La Source, l'infinie force de la création. Les mains sont les agents cosmique qui ont formés la Source en l'univers DC. Perpétua est l'une d'entre elles, et a donné un royaume à chacun de ses enfants : Matière pour le Monitor, Anti-matiére pour l'Anti-Monitor (Duh!) et la Matière Noire pour le Forgeur de Mondes. Mais Perpétua fut bannie des mains pour avoir tenté d’interférer ensuite avec la création.
Au Big Bang serait donc né les Endless, grosse mise en valeur pour les personnages de l'univers de Sandman (même si Destiny préexiste Sandman et Gaiman, hein, on le précise).

La deuxième page continue la cosmogonie plus divine habituelle, ange, démons, seigneurs de l'ordre et du chaos, R.A.S. Puis les Oans, le Green Lantern Corps, rien que de très classique.
Niveau rajout, l’œuvre reprend tout les derniers changement apportés aux œuvres classiques. Par exemple, le monde des anciens dieux qui existait avant les Néo-Dieux (Les New Gods) est désormais nommé, en tant qu'Urgrund. Un ajout de Philipp Kennedy Johnson (d'abord dans Superman, puis Green Lantern : War Journal), repris par d'autres, comme Ram V (New Gods). Un autre changement est que les atlantéens sont là avant les hommes des cavernes comme Anthro ou Vandal Savage. Bref, de ce point de vue, c'est très utile comme ouvrage : faire le point sur l'univers à un moment T (la question des Atlantes, avant après ou pendant, revient régulièrement, mine de rien).
J'aime revoir plein de persos méconnus que j'adore, comme le Shining Knight ou encore ARAK !
Et là, je suis surpris de voir apparaître ICON.

Très bien, on rajoute donc officiellement au gigantesque mille-feuilles d'éditeurs qu'est l'univers DC l'univers Milestone. Va falloir m'expliquer très fort pourquoi ICON, littéralement un mélange entre Superman et Martian Manhunter, tant niveau valeur que force, n'est pas dans la Justice League. Et ce que foutait ces personnages pendant les grosses bastons, et pareil, que foutait la JL and Co pendant les événements des émeutes fréquentes dans des titres Milestone (Comme Hardware ou Static, par exemple ?) Futur casse-tête en grosse perspective. On avait déjà des titres qui jouaient avec ça récemment, mais très peu de gens les lisaient, et du coup, ça restait dans une zone de flou. Là, c'est dans le marbre, et lus par beaucoup. Plus dur à faire co-exister.

Hé, j'ai aucun problème avec les sidekicks du Golden Age (introduits dans Stargirl : The Lost Children, peut-être la meilleure chose en provenance du dernier run de Geoff Johns sur la JSA). Non, je vous ferais surtout remarquer le paragraphe tout en haut à gauche. Il est donc toujours canon que Speedy et Green Arrow, ceux d'aujourd'hui, ont bien passés un bout de temps dans le passé dans le groupe des Seven Soldiers of Victory. Une solution élégante - et pratiquement jamais rappelée - pour garder canon cette ancienne équipe sans créer un Green Arrow de Terre 2 ou autre multiverseries du même genre. (Et, in Universe, peut aussi servir à expliquer parfois l'optimisme de Green Arrow dans certains titres).
Et oui, l'histoire de Green Arrow est étonnamment complexe pour un gars qu'est juste un archer redresseur de torts fan de Robin de Bois (et de Batman vu tout ce qu'il lui a pompé 😅)
La dernière page du numéro 1 est celle qui m'avait le plus sonné, je me rappelle, à la lecture à sa sortie en V.O.

Donc, le projet Supermen de Doomsday Clock est intégré à l'univers DC pour de bon. Sous ce nom là, et avant même l'arrivée de Superman ? Très bien. C'était pas du tout l'esprit de la lecture originale, en tout cas, donc, merci de préciser. Et je dois avouer que de voir deux good guys, comme Will Magnus (Metal Men) et Martin Stein (Firestorm), à côté de crevures manipulatrices comme Simon Stagg (Metamorpho) et Niles Caulder (Doom Patrol), bah, ça me fait bizarre.
Les aventures du Supermen Project continue dans le numéro 2, où l'on voit justement les Metal Men, Metamorpho et la Doom Patrol arriver. Pendant ce temps-là, Stein était à la machine à café, je suppose. Ah, non, Firestorm arrive plus tard dans le numéro (éditorialement, on est passé des années 60 aux années 70 dans cet intervalle). Et on y rajoute Captain Atom, Elemental Woman, Killer Frost, Lady Clayface et MAN-BAT !? Mr Waid, nous ne somme pas obligés d'expliquer chaque personnage à peu-prés scientifique par des recherches étatiques ! Pour le coup, je n'aime pas du tout cet ajout, qui sent beaucoup plus Marvel que DC. Et plus encore, le Marvel Ultimate premier du nom, avec son projet super soldat qui servait à tout expliquer, de Hulk aux bons sangs de mutants (Non, sérieusement, j'aime Ultimate, mais pas ce côté-là).
Bon, avec tout ça, j'ai raté plein de choses en me focus sur les scientifiques du coin, reprenons le numéro 2.
J'aime bien qu'on rappelle l'origine de Speedy (Roy Harper), chose que l'on fait peu et qui pour une fois distancie le green arrow de l'âge d'or d'avec Batman. Waid garde tout ce qui n'a pas été explicitement remplacé, et essaye dans les autres cas de ... "bidouiller" comme il peut.
Et c'est là qu'on arrive au cas que j'utilisais en exemple plus tôt, la naissance de la Justice League. Depuis 2011, il n'y a pas eu une naissance de la Justice League (la vraie, hein, pas une variation comme United ou International par exemple) sans la grosse baston contre Darkseid. Même, il me semble, dans les adaptations, lives ou animés.

Bref, comme on veut garder les origines de Johns, et qu'on trouve bien pratique que le personnage de Cyborg ait actuellement une Mother Box (artefact puissant touche à tout des Néo-Dieux) en son sein, bah, il faut garder cet arc. Le souci, c'est qu'à l'époque, ça passait bien car on avait décidé d'effacer la version la plus connue des Teen Titans (celle de Wolfman et Pérez) dont Cyborg est un membre éminent, fondateur et dont l'acceptation de sa transformation en un être plus tout à fait humain est un point plutôt important. Donc, DC cherche à avoir le beurre et l'argent du beurre, en mettant Cyborg également pendant la formation des Teen Titans. C'est joli d'un point de vue titanesque, car en effet, Cyborg arrive déjà formé et est le fruit d'un accident, donc, pourquoi pas, même si c'est très "artificiel", et que la "couture" se remarque particulièrement.
Mark Waid sauve aussi sa version de l'origine de la Justice League, Justice League Year One, 12 numéros sortis tout du long de l'année 1998. On n'est jamais si bien servi que par soi-même, après tout. Bon, par contre, pourquoi s'arrêter là ? Et j'oublie définitivement celle avec les arbres ou ... ?

C'est le premier vrai moment où tu sens le côté "couture" de cette version d'une continuité unifiée. Et ça arrive pile quand on rentre dans le détail d'une histoire en particulier.
Ce sera loin d'être la seule, on le verra.
Quelques notes rapidement avant le prochain gros bout, on peut voir régulièrement Mark Waid tenter de rabibocher des conceptions contraires, ou encore tenter de répondre à des remarques modernes.
Par exemple, Wonder Woman est "née de l'argile et dotée de pouvoirs divins". Alors, c'est peut-être moi qui chipote, mais l'original dit "endowed", on pourrait partir sur l'idée de conférer quelque chose, et ... C'est moi où ça sent un peu le côté "je réconcilie l'idée de la version divine récente avec la version crée d'argile" ? C'est vrai que la version classique née de l'argile reçoit aussi des dons divins, mais je trouve que la formulation bien choisie permet peut-être à chacun de se faire son idée. Et l'on retrouve l'idée intéressante (je crois de Byrne, à la base, mais peut-être Pérez aussi, je m'y perds un peu) que pour remplacer la Wonder Woman de la seconde guerre mondiale (et donc de la JSA), il s'agit en fait d'Hyppolita, la mère de Diana. Une idée déjà utilisée, mais qui revient ici en grâce depuis à peu prés Endless Winter, je dirais ?
Le truc qui essaye d'être "la réponse à une remarque moderne", c'est clairement une petite phrase marquée sur les débuts de Robin, où l'on essaye de dédouaner Batman de mettre des enfants en danger (une remarque que l'on met sur Batman, mais qui vu le nombre de sidekick devrait se poser à beaucoup d'autres, en fait.). On met en effet la notion de "cape Bulet-proof", de "cape pare-balles" pour le petit Robin, alias Dick Grayson (qui garde par contre les gambettes à l'air, parce qu'il faut croire que les nuits de Gotham sont particulièrement bien tempérées). J'ai aucun souci ni à rajouter de la protection aux personnages (c'est même plutôt bien), ni même à croire à la véracité d'une cape pare-balles (c'est plus crédible que les rayons à glace, les hommes d'argiles ou encore le gars qui contrôle les rats, pour ne rester que chez l'homme chauve-souris). Par contre, autant c'est très utile pour Batman, un cape pare-balles, parce qu'il s'en entoure souvent le corps, autant pour Robin ... écoutez, la petit cape jaune de Robin, elle lui arrête à la taille (donc inefficace pour tout ce qui concerne les gambettes) et en plus, Robin est dessiné à 60-70% en action (courir, sauter, taper, ...), et donc ... La cape en l'air derrière lui. Donc même le torse, il est pas protégé par la cape. Bref, c'est pas le plus efficace. Mais je remarque plein de petites tentatives, comme ça, de lisser certains points qui passent moins bien aujourd'hui, et il fallait le noter via au moins une exemple.
Reprenons une analyse plus précise des faits saillants de cette version de la continuité de DC, sa méta-narration pourrait-on dire.
Parlons d'Aquaman, tiens. J'avais l'impression que sa nouvelle fille née (Andrina "Andy" Curry naît en 2020 dans le numéro 57 d'Aquaman) était considérée dans les titres récents où elle apparaît comme le premier enfant du roi des mers et de Mera. Mais Arthur Jr. - Aquababy - est bel et bien cité, et ce sans mention aucune de son destin "pas glop" pour reprendre un vocabulaire d'un magazine français.
Le fan en moi est heureux de revoir Robby Reed et l'artefact du "Dial" (Dial H For Hero, un cadran qui, si l'on épelle la fréquence H.E.R.O - 4.3.7.6 sur un vieux cadran de téléphone - transforme l'utilisateur en un super-héros totalement random à chaque utilisation), de voir les poils de torse de Batou, qu'on reparle que Guy Gardner est initialement un prof de Gym (c'est sans doute en travaillant dans l'Education que Guy a appris à surmonter la peur, d'ailleurs 🤭), de voir Ambush Bug, la Justice League de Detroit, ...
Mais il faut que je parle d'un fail d'artiste qui me peine, parce que j'adore cet artiste, et c'est Michael Allred ... sur un personnage que j'adore ... Le Phantom Stranger.

Je suis désolé, monsieur Allred, sincèrement désolé, mais l'ombre autour des yeux de Phantom Stranger n'est absolument pas un masque, mais l'ombre de son chapeau (et je m'y connais en chapeau). Je sais, c'est mystiquement toujours bien placé, mais c'est limite un de ces pouvoirs.
Bon, on devait pas se concentrer sur des détails plus pertinents, nous ?
Bon, bah, CRISIS. CRISIS ON INFINITE EARTHS.

Et là, le fait de faire parler de l'univers DC via un habitant du dit univers va créer tout un tas de ramifications qui va nous poser problème dans toute la suite de ce récit. Accrochez-vous donc.
Jusqu'ici, ce récit nous est narré via la version "non multiverselle" de l'univers DC, celui dit "Post-Crisis", où JSA et JLA ont vécus sur la même Terre et se sont succédées chronologiquement. Pour rappel, avant "Crisis", ces deux équipes étaient sur des Terres totalement différentes, avec la JLA sur Terre 1 et la JSA sur Terre 2. Ainsi, il y avait un Flash sur Terre 1 (Barry Allen, qui avait un sidekick nommé Wally West) et un sur Terre 2 (Jay Garrick, le gars avec une coupe de fruits renversée sur la tête).
Au début, cela a été fait pour préserver les vieilles versions des héros de Terre 2, grossièrement "ceux de la génération précédente de lecteurs" tel que vu à l'époque. Cette façon de faire a crée des doublons de personnages, tel différents Flah, différents Green Lantern, ... Mais aussi des versions différentes de personnages qui ne se sont pas arrêtés depuis cet âge d'or : Aquaman, Green Arrow, Superman, Batman et Wonder Woman.
Vous pouvez oublier les deux premiers, leur cas est réglé : Aquaman est ... totalement abandonné depuis des lustres, vous pouvez considérer légitimement qu'il n'y a aucun lien entre les 2 versions, et pour Green Arrow, nous avons déjà évoqué son déplacement temporel. Les 3 autres, par contre, créent des doublons ou des aberrations temporelles (telle Huntress, la fille de Batman et Catwoman de Terre 2, qui bien sûr n'existe pas sur Terre 1). Il n'y a pas deux Batman (Le Bruce Wayne de Terre 2, devenu commissaire de Gotham dans son grand âge, est mort quelques années avant Crisis), mais deux Dick Grayson/Robin (Dick ne devient pas Nightwing, mais reste Robin - après tout, c'est son nom de super-héros - après avoir essayé d'être Batman II quelques temps sans qu'il n'aime ça. Vous pouvez apercevoir ce Robin adulte et membre réserviste de la JSA dans l'illustration plus haut - même qu'il a appris à mettre un pantalon et à ne plus avoir les gambettes à l'air). De même, Superman sur Terre 2 est plus vieux (tempes grisonnantes) et est le rédacteur en chef du Daily Planet.
Nous voyons clairement ce Robin Adulte et ce vieux Superman (4) sur l'illustration de Crisis ... Or ... Bah, Terre 2 n'existe pas, et même n'a jamais existé selon ce que nous a raconté jusqu'ici Barry Allen.
C'est là que les problèmes deviennent très compliqués, parce que Terre 2 (contrairement aux autres Terres parallèles) était très importante pour l'Histoire DC - et que nombre de ses problèmes de continuité viennent justement de l'union des Terres 1 et 2 en un seul continuum narratif. Comment ces personnages, qui n'ont donc jamais existés, sont ici ? On pourrait arguer que ce sont des univers alternatifs comme les autres, mais cela nierait tout impact émotionnel, sur lequel pourtant repose une large part du récit - ainsi que celui de récits suivants. Mais nous franchirons ce Rubicon plus tard et fermons ce numéro 2 ...

Petite Pause avant les deux derniers Numéros
La marathon textuel.
Il y a une particularité de cette "Nouvelle Histoire de DC" que j'ai omise jusqu'ici de mentionner, histoire de créer une petite pause ici.
A la fin de chaque numéro, une timeline de cette nouvelle histoire nous est présenté, avec des références de numéros pour ceux qui veulent lire ces histoires et événements (même si, comme on l'a mentionné, il y aura des différences entre le récit de l'original et celui fait ici).

Le principe ne vient pas ici de la première histoire de l'univers DC, mais d'un projet plus récent du concurrent en 6 numéros et sorti en 2019, History of the Marvel Universe, d'un certain ... Mark Waid. Tiens, tiens.

On note que pour cette nouvelle histoire DC, Mark Waid est assisté (ici de Dave Wielgosz), mais que si l'on regarde de plus prés, il y en avait plus dans le projet de Marvel, puisque Mark Waid était assisté d'une équipe de recherche de 9 personnes. Pour la première histoire de DC (et donc Crisis On Infinite Earths), un documentaliste avait travaillé deux ans pour résumer l'ensemble de l'univers DC entre 1981 et 1983.
Et comme je trouve ces deux projets légèrement plus clair que cette nouvelle histoire, peut-être que la multiplicité des points de vue peut aider à expliquer pourquoi les deux autres projets ont un point de vue plus clair au final que cette "nouvelle histoire de l'univers DC".

Attendez, vous avez foutu la version arbre de la Justice League sur une variant cover ? Purin, je comprends plus, là ... Elle a combien d'origines, la League, du coup, dans votre canon unifié nouveau goût ?

Les numéros 3 et 4 entrent dans l'action.
Je suis désolé, mais ce n'était que l'échauffement jusqu'ici.
On rentre dans le dur.
C'est marrant, parce que nous arrivons à l'époque où Mark Waid a vraiment travaillé, et a bien marqué les esprits, et ... Bah, okay, son résumé "fonctionne", mais les choix sont ... comment dire ... bizarres.
Je n'ai aucun problème avec le début qui résume la fin des années 80, même si en vrai, je pourrais pinailler avec le fait de prendre Billy Batson (Captain Marvel/Shazam) comme né à cette époque - il est aussi vieux que Batman, un peu de respect.
Même si, en vrai, les ennuis commencent aussi quand il s'agit d'expliquer Power Girl. Je vous ai déjà parlé de Terre 2 ? Mais si, relisez plus haut : cette Terre si importante et qui reflète finalement le DC d'avant. Hé bien, parfois, plutôt que d'avoir des personnages miroirs, comme les deux Flashs ou les deux Green Lantern, hé bien, on se permettait de créer des nouveaux personnages. Ainsi, plutôt que de faire une deuxième Supergirl avec le même costume et caractère, on va créer une version qui non seulement ne portera pas le S, mais qui en plus cherche à renverser les codes établis et à jamais se laisser marcher sur les pieds. On était loin de la gentille et plutôt proprette Supergirl de l'époque.
Aujourd'hui, les versions mises en avant de Supergirl prennent beaucoup de Powergirl, mais bon, Supergirl est plus reconnaissable, elle porte le S, elle (5).

En tout cas, désormais, Power Girl est "la dernière survivante d'un univers parallèle détruit pendant la Crise". Alors, techniquement, oui, mais donc, c'est acté, on ne mentionne plus jamais Terre 2.
(Et puis bon, ça fout Power Girl au même niveau que Lady Quark, et ça, ça fait un peu mal à mon petit cœur - blague d'initié ).
La suite je trouve marche bien, et se concentre sur les fondations d'équipes, leur fonctionnement et leurs membres : La Justice League Internationale, la Suicide Squad, ... Et c'est vraiment bien, on explique pourquoi l'équipe est intéressante sans spoiler l'histoire, pour moi, c'est l'idéal. C'est à ce genre d'explications que le titre auraît dû ressembler idéalement pour moi.
On parle même de la (très) ephémére version de la Doom Patrol de Paul Kupperberg et de Starman version Prince Gavyn, donc, on essaye de s'ouvrir à de l'obscur.
Puis après, on a des versions condensés de certaines sagas-événements. Il ya des versions très bien, qui ne parle que de la prémisse, tel Invasion (l'une des sagas événements sous-côtés de DC de l'époque) ou encore Cosmic Odissey. Et puis, on a le résumé qui spoile tout, comme celui d'Armageddon 2001, qui se basait notamment sur la révélation de l'identité du grand vilain Monarch, et ... Bah, c'est marqué noir sur blanc (et en plus, c'est pas une trés bonne histoire en elle-même).
Et dans les décisions cheloues, on sent clairement du favoritisme. Batman et Superman ont carrément le droit à des pages entiéres sur ce qui leur arrive, que ce soit Killing Joke ou La mort de Superman. Les autres ? Bah, soit tu fais partie de Milestone (le dernier arrivé dans la fusion d'univers qu'est DC) et tu as le droit à deux pages expliquant les bases de toutes tes séries (Static, Hardware, Icon and Rocket, The Shadow Cabinet, ...) et c'est génial ; soit tu fais partie de la même team que Wonder Woman, Flash (écrit pourtant pendant presque une décennie par le même Mark Waid qui écrit cet ouvrage et qui marque l'arrivée de concepts hyper important) et compagnie, et tu n'auras pour simple obole qu'une présentation des nouveaux personnages.

Et à côté, on a des descriptions beaucoup trop précises des histoires événements (ou de Batman et Superman, parce que c'est les chouchous ...).
Genre, on a besoin de spoiler le seul truc bien de Zero Hour, à savoir la fin du combat du dernier numéro et sa symbolique ? Franchement, on peut juste dire que le méchant s'est fait battre sans dire comment, non ? Ou même la fin de Final Night ? En fait, pourquoi ne pas juste mentionner les menaces qui arrivent, et non pas comment on les a battus ? Histoire de donner envie de le lire soi-même ?
A côté de ça, on prend bien le temps de te parler de Hush (12 numéros seulement, à la base) ou de Black Manchester (un seul numéro, à la base), ou la tour de Babel (4 numéros). Mais alors, une mention de ce que vit Wonder Woman pendant 10 ans, qu'il y a une ambassade de Themyscira (l'île des Amazones) aux USA ? Non, ça mérite pas. C'est un peu ce que j'entends par bizzarre, et biaisé. Je mets pas vraiment ça sur le dos de Waid, je pense qu'il y a des demandes éditoriales aussi (de toute façon, Hush dans son ensemble est une immense demande éditoriale, donc, ça reste cohérent).
Et après ... Et après on parle d'Infinite Crisis. Et là ... Et là, je crois que j'ai plus rien compris à ce qu'on essayait de faire ici. Et j'ai décidé de faire un article sur ce site, le dit article que j'imaginais tout rapide à faire, et qui là actuellement, fait 7568 mots et je suis dessus depuis le 1er Janvier 2026 par intermittence.

Bon, c'est quoi ce bazar ? Depuis le début, des précautions infinies sont prises pour ne pas parler de l'éléphant dans la pièce en ce qui concerne le multivers DC, à savoir l'autre Terre qui a aidé à tout forger et qui a pratiquement été la seule à compter pendant 30 ans avec l'univers régulier ? Oui, Terre 2.
Pourquoi j'ai, noir sur blanc, "le Superman de Terre 2" ? Deux fois, pour être sûr que c'est pas juste une erreur comme ça, en plus. Mais pourquoi enlever la mention de Terre 2 pour Power Girl au début de ce numéro 3, du coup ? (surtout que le fait que ce soit sa cousine est littéralement la seule chose important pour garder ce point de détail de l'histoire du personnage, pour cette histoire là).
Pourquoi balancer ici une Terre 2, sortie de nulle part et jamais mentionnée avant, comme une évidence au nez du lecteur qui lit ceci pour s'y retrouver ?
C'est le point le plus énervant de cet ouvrage, à mon sens. D'avoir fait autant de circonvolutions pour éviter de parler de la Terre 2 des années 60 à 86, pour finalement la balancer comme ça sans aucune préparation. Comme ça, tout le monde est à égalité, puisque tout le monde est perdu, néophyte comme vétéran.
Je ne comprends absolument pas ce passage. C'est à mon sens soit une erreur monumentale qui m'étonne des personnes impliquées, soit une erreur dû peut-être à de multiples réécritures, peut-être justement sur ce qu'il faut dire où non au sujet notamment de Terre 2. Supposition de ma part, mais je ne peux actuellement faire que ça.
Bon, passons à quelque chose de plus positif, une naissance. Car dans les faits notables, la naissance de Jon Kent est désormais placée avant l'arrivée de Damian dans la batcave et la Guerre du Sinestro Corps. Parce que tout le monde veut oublier Convergence (6), j'imagine -même si je suis plus mesuré pour ma part sur cette histoire.
Et enfin, ce numéro 3 se termine sur Final Crisis de Grant Morrison, résumé en 2 pages (soit autant qu'infinite Crisis, et avec du texte plus aéré (7)) . Et aussi le retour de notre narrateur bolide, Barry Allen.
Ce numéro 3 rentre vraiment dans la partie "Narration dure" que je n'apprécie pas dans ce projet. Nous ne sommes plus dans la présentation des personnages et des concepts, mais dans la visionneuse de vacances : "Alors on a fait du canoé, puis Patrice - qu'on a surnommé Patoche - a allumé le barbecue, puis on a fait du bowling, et même que Guillaume il s'est cassé la figure".
Sauf qu'on est en comics, donc c'est plus : "Alors on a poutré le Solarivore, mais Hal - qui se fait appeller Parallax parce que c'est trop Dark - il a rallumé le soleil, puis ensuite, on est allé dans l'année 1 Million pour battre Solaris, le tyran soleil, et même que Hourman et Robin c'est des robots dans le futur."
Bon, la suite, et je vais essayer de finir cet article avant d'avoir des cheveux blancs, je suis dessus depuis début Janvier et là, au moment où j'écris, la Saint Valentin arrive à grands pas (si vous me demandez, j'ai acheté une montre pour madame. De toutes façon, même si cet article sort par miracle avant le 14 février (j'écris le 12, là), il y a encore moins de chances qu'elle lise cet article, et encore moins jusqu'à ... hum, 8270 mots.
On peut encore travailler sur la concision, hein, Parod.

Bon, numéro 4. Qui commence sur le résumé de la saga-événement Blackest Night en détail. Ce que je trouve dommage, car le numéro 3 parlait déjà de Blackest Night, juste avant les 2 pages sur Final Crisis. ça fait vraiment ... pas vraiment relu, comme projet, d'avoir des répétitions ainsi ...
Surtout que l'apport est d'expliquer, la page suivante, que la réalité a été modifiée, et que tout a été remodelé. Parce que oui, on est à Flashpoint et sur la naissance de l'époque éditoriale appelée les "New 52" (parce que volonté de tout remettre à zéro et de se limiter à 52 titres en recommençant tous les titres à un numéro 1, mais en ratant encore une fois la dimension Reboot, en gardant beaucoup trop de lore pour satisfaire vraiment quelqu'un, vétéran comme néophyte.)
Mark Waid semble en tout cas avoir même opinion que moi de cette version de DC (et de toutes façons, était plus que fâché avec le rédac-chef de l'époque, pour être parfaitement franc, un poil de ressentiment peut se retrouver aussi dans cette description). Il nous parle d'un "monde instable", nous montre certains des titres les moins appréciés de cette époque, comme le Green Arrow ou le Teen Titans de cette époque - et encore plus le Lobo, toujours vilipendé aujourd'hui (Je viens encore de lire en Décembre 2025 un titre où les scénaristes d'aujourd'hui prenaient un malin plaisir à faire souffrir cette version. Oui, c'était bien DC K.O).

Mais voilà, Mark Waid n'est pas là pour donner ses idées persos, mais aussi une version de l'histoire de la compagnie approuvée par la dite compagnie. Il nous dit donc qu'il y a aussi eu des bons côtés : Et autant je suis d'accord sur de nombreux points, comme la Batgirl de Burnside, la Justice League Dark (version moderne d'un autre titre des années 2000, le Shadowpact) ou encore la cour des hiboux, je suis moins sûr en ce qui concerne l'équipe Outlaws de Red Hood, Arsenal et Starfire (personellement, je leur préfére l'équipe d'aprés, avec toujours Red Hood, mais Bizarro et Artémis et Trinité disfonctionelle de DC). Et je suis encore moins sûr en ce qui concerne la Suicide Squad, qui comme par hasard correspond pile poil avec la version que l'on a eu pour le premier film (et dont je ne suis pas un grand fan. Limite, je préfére lire les aventures de Vibe, personnage oublié de la Justice League de Détroit remis au goût du jour pour les New 52. Pour 2 arcs seulement, aprés c'est finito.)
Et là, oh bon sang, toutes les pages deviennent des diapositives ultra-rapides de ce qu'il s'est passé chez DC de 2011 à 2025, et en version hyper sélectives et condensées. Et vas-y qu'on cour-des-hiboutes, vas-y qu'on ForeverEvilise, que Dick Grayson c'est un espion et qu'on fait du We-Are-Robin et tout. Au moins, bon point, tous les nouveaux personnages sont introduits : Jessica Cruz, Grail, Khalid Nassour, ...
Et en gros, à partir de là, ce dernier numéro devient extrêmement formulaïque. Une page de racontage d'histoires, une page d'introduction de nouveaux personnages ou de concepts d'équipe, une page d'histoire, une page de persos,


et ça continue encore et encore, mais c'est que ... la fin, d'accord, d'accord (8) ...
En fait, c'est même pire, car à partir de là, on fait des grosses sessions de juste des histoires racontées en un page, voire une case. Genre, des sessions de 8 pages de bouts d'histoire et d'événements.
Si ils ont de la chance, les nouveaux personnages auront le droit à un petit bout de page, mais c'est tout ...

Et bref, le projet se revéle comme ce qu'il est vraiment, juste un "précédemment" pour toute la phase "All-In", qui a au moins le mérite de justement mettre en avant son histoire connectée et continue et d'avoir un plan à long terme qui semble, même, parfois, aller trop vite tellement certaines périodes pourraient durer plus longtemps.
Nous finissons justement sur trois pages. Une qui nous amméne du début de All-In à DC K.O (genre, les premiers chapitres), ...

... Une page qui est parfaitement normale pour nous dire que le futur est changeant, et que restez branchés, boys and girls, ...

.... Et puis la derniére page. Une page qui fait que même en Août 2026, je suis encore ici à taper cet article.

Barry Allen cesse d'écrire son journal, va aller acheter des comics (Sans doute des vieux numéros de Flash avec Jay, canoniquement, on sait que c'était ses lectures) .... Et a un petit monologue. Et je l'aime bien, ce petit monologue. La vie c'est sacré, chacun peut aider, même dans un monde - Omnivers - où on retrouve aussi de l'égoïsme.
Et là, la derniére phrase. Même, la derniére case, tiens.
"L'histoire est écrite par les vainqueurs." avec le nom du comic-shop qui devient DC.
LA. FAUTE. DE. GOÛT. ULTIME !
Déjà, tu viens de nous parler d'entraide, et tout ça, et là, tu nous parles de vainqueurs. Merci de gommer tout ton message positif avec du "vainqueur". Je sais pas, tu peux avoir le même sens avec du "C'est ce que l'histoire retiendra" ou autre formulation, moi, je sais pas, y'a mille façons de faire.
Mais avec le nom de ta compagnie d'édition derriére ? Un nom qui, comme je l'ai répété sans cesse, est un agglomérat de rachats, et en grande rivalité avec d'autres éditeurs ? C'est déjà dire que tous ceux que tu as rachetés sont les perdants (l'inverse de ce que la compagnie a fait pendant des décennies en gardant parfois ces univers dans des bulles d'univers à part), c'est d'un goût qui n'est ABSOLUMENT pas ce pourquoi j'aime et respecte DC.
"L'histoire est écrite par les vainqueurs". Oui, beaucoup du travail historique fait autour du comic-book tourne autour de DC, mais c'est surtout car ... DC est le dernier à être resté debout dans le domaine du super-héros, et que c'est ce domaine qui a servi à l'historicisation.
"L'histoire est écrite par les vainqueurs" est une phrase qui ne rentre pas du tout dans le ton de DC. Toujours plus policé, sans jamais trop ramener la couverture à soi, en tout cas, c'est comme ça que j'ai toujours vu (et le plus aimé) le ton éditorial de DC quand il parle à ses lecteurs de ses concurents. Des auteurs se sont permis d'attaquer d'autres éditeurs, notamment Marvel, mais pas comme ça. Et dans un titre qui conclut "La nouvelle Histoire de l'univers DC", permettez-moi de prendre ça plutôt comme de l'éditorial que les attaques d'auteurs comme Grant Morisson et son Hulk bébé dans Multiversity (D'ailleurs, notons que même Morisson sauve des bouts de Marvel dans Multiversity, comme The Thunderer, à savoir Thor. Même une attaque ad hominem de Grant Morisson est moins absolutiste qu'une phrase de fracking Barry "Boring" Allen.).
C'est une phrase qui devrait appartenir à Marvel, qui a toujours bombé le torse, parlé de "marques de lessive anonymes" ("Brand X") en parlant de ses concurents, qui te proclame toujours d'avance que c'est déjà "le truc du siécle", alors qu'on a même pas ouvert la couverture, bref, cette phrase n'est, à mon sens, tellement pas DC, surtout avec le logo derriére.
Et même dans la logique de l'univers, cela veut dire quoi quand Barry Allen écrit "l'histoire est écrite par les vainqueurs" ? Que Barry FRACKING Allen considére que les univers éclatés au cours de l'histoire éditoriale de DC valaient le coup ? Même pas un remords pour Terre 2, mon petit Barry, que d'ailleurs tu sembles un coup connaître, un coup pas connaître ?
Et en dehors de la logique de l'univers ? Que toutes les réecritures sur d'autres histoires sont toutes meilleurs que l'intention des auteurs originaux ? Que les vainqueurs, c'est DC eux-mêmes, qui peuvent twister leurs anciennes histoires pour les faire aller comme il veulent ? ...
Cette derniére phrase est malheureusement vraie. DC peut, et a, déjà fait ça. Et va le refaire sans aucun doute. Mais l'écrire ainsi, au terme de ses 4 numéros à la forme discutable, me rend un peu malade. C'est une posture que DC arbore peu, mais qui est malheureusement au fond de lui-même. Le voir ainsi célébré, à la derniére case de la derniére page, me fait ne pas aimer cette "nouvelle histoire de l'univers DC".
J'aurais pu laisser ces autres défauts, déjà pointés du doigt (à part le truc sur Terre 2 là/pas là, qui est une vraie erreur). Mais pas là.
Bref, vous l'aurez compris, je ne conseille pas cette "nouvelle histoire de l'univers DC". Trop de spoil plutôt que de juste poser un contexte, trop centré sur certains points que sur l'ensemble, et au final, un poil trop arrogant, peut-être, ce qui ne correspond pas à ma vision de DC, celle que j'apprécie.
(1) Une série de numéros regroupée sous le même titre, mais dont la fin et le nombre de numéros est prévue à l'avance. Le principe de mini-série (et celui, cousin, de maxi-série) sont des principes crées en opposition avec l'idée de base des comic-books que ces derniers sont censés durer indéfiniment,une idée datant de ces débuts en tant qu'anthologies.
(2) Sachez qu'en ces lieux, on aime beaucoup Jérôme Wicky. Et beaucoup d'autres traducteurs et traductrices, d'ailleurs. Et qu'en général, on n'aime pas beaucoup le "traduction-bashing" gratuit.
(3) Justice Society of America, la première équipe de super-héros, constituée au tout début des années 40.
(4) Difficile de dire pour Wonder Woman de quelle version il s'agit sur l'illustration. Quand à la version de Terre 2 de Wonder Woman et les difficultés qu'elles poseraient, elles n'existent pas, car la Wonder Woman de Terre 2 meurt pendant Crisis, et on la voit même être en apothéose et devenir une déesse du Panthéon (Déesse de la Vérité, bien sûr).
(5) Récemment, Powergirl a commencé à porter le S, mais sur une veste à part, parfois dans son dos, parfois le revers, mais jamais encore sur le torse. Powergirl n'est pas "marketing-friendly".
(6) Convergence est la saga-événement (event) où est né originellement Jon Kent. Convergence est une saga plutôt détestée en général dans son histoire principale et appréciée dans ses tie-ins (numéros optionnels à l'histoire creusant une partie sépcifique de l'histoire). Jon est né justement dans un des tie-ins.
(7) Je suppose que beaucoup de lecteurs se serait attendus à un texte moins clair sur Final Crisis que sur Infinite Crisis.
(8) Petite référence à de la chanson française. Vous pouvez jouer à chercher.