COMICS STORY 17

Une adaptation en comics de Chistmas Carol - ou Un Chant de Noël, roman de Charles Dickens plutôt pas mal connu. Mais avec des zombies avec la place des fantômes ? Mais pourquoi donc ? Et surtout ... pourquoi cela fait-il autant sens, au final ?

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COMICS STORY 17
Un chant de Noël Zombie : mélanger Charles Dickens et gros zombars.

Une grosse vidéo (presque 2 heures) sur une adaptation en comics de Chistmas Carol - ou Un Chant de Noël, roman de Charles Dickens plutôt pas mal connu. Mais avec des zombies avec la place des fantômes ?

Mais pourquoi donc ?
Et surtout ... pourquoi cela fait-il autant sens, au final ?

Ce comics est un comics Marvel, et a été traduit par Panini sous nos latitudes.
Je remercie grandement Le Commis des Comics pour son caméo qui a été enregistré il y a bien longtemps (désolé du délai, j'avais pas prévu ma vie) et Wolf In Motion pour son interprétation de l'esprit des Noëls Présents (et être un poto bien cool).

Ceci est le début d'un Story-arc sur les zombies, où les vidéos Comics Story vont revenir sur ce thème plusieurs fois.
D'autres vidéos, non liées, sortiront entre temps.

Je travaille sur cette vidéo depuis un peu avant mes soucis de santé récurrents, et ai travaillé donc sur cette vidéo à des moments différents de ma vie. Cela s'entend parfois, avec des voix enregistrés tout au long de ces dernières années. Elle est assez importante pour moi, mine de rien.

J'ai essayé de sous-titrer la vidéo via le peu de temps qu'il m'est possible d'y allouer, mais cela donne un résultat imbitable (en tout cas, sur cette vidéo, il semble que mes termes comme "Jurisfiction" ou encore "multiverselles" fracassent un logiciel de reconnaissance vocale qui a du mal à reconnaître le terme "Appart'" et préfère transcrire en "la pâte". Je vous mets donc également, sous la vidéo, le script de la vidéo tel qu'il est écrit (avec mon style d'écriture et même des bouts inédits) et ensuite, les sources musicales utilisées dans la vidéo.

J’espère que cela saura vous plaire.

La vidéo. Elle est là.


Script

Directement copié-collé juste pour vous



[diverses scènes de Noël, préparations qui tournent mal]
Sn : Ah, Noël, la meilleure des périodes, où la chaleur humaine brille de mille feux et où [l’écran se baisse, on voit le bas de l’écran youtube et la date de Juin) non, non, non, ce n’est pas du tout une vidéo que je dois sortir depuis 5 ans, hahaha … 5 ans, purin.
Bref, aujourd’hui, il est temps de parler d’un récit de Noël trop longtemps teasé sur cette chaîne, un récit de noël mine de rien un peu gore puisqu’on va parler de …
Pupu : La la la la la la (passe, du sang partout) Salut Sn, ça gaze ? (continue de chanter) all is good and all is gory la lalala

Sn : Pupu ? C’est quoi tout ce sang ?
Pupu : Ah, ça ? Bah, figures-toi que j’ai enfin réussi à coincer ce salaud de Gros Tony, celui qu’avait zigouillé la petit Camille au tire-bouchon parce qu’elle avait parlé de son trafic de méthylphénidate dopé à la néo-cortizone sous dopamine. Bref, autant te dire que je l’ai débouché !
Sn : Du quoi de quoi ? Non, attends, plus chelou : Débouché ? Comment ça ?

Pupu : Bah, j’ai fait comme avec un tire bouchon, tu prends le bout qui dépasse dans le nombril, et tu tournes, et tu tournes, et tu tournes et PAF ! Bouchon de champagne !

Sn : Mais c’est dégueulasse ! En plus, je devais faire enfin le comics de Noël que nous avait filé le Conteur, Zombie Christmas Carol ! Je mettais une ambiance de fête et tout, et là, tu viens tout gâcher !
Pupu : Ouais, enfin, bon, vu le retard !
Sn : On avait dit qu’on faisait comme si on était en Décembre, crétin ! Dégages, tu casse tout !

[Générique!]

Sn : Bref, il y a de cela pas mal de temps sur la chaîne, on a eu un gros méli-mélo … Dis, Pupu, tu veux pas baisser un peu la télé, s’il te plaît, j’essaye de tourner un truc.
PU : Ouais, mais c’est la bande-annonce du prochain Max Warp !
Sn : Oui, bah, tu la regarderas sur Internet, ou sans le son, mais s’il te plaît, j’ai vraiment besoin de ça.
Pu : Ouais, Ouais, Ok,
TV : Max Warp contre les toréadors ninja Vampires, bientôt dans les bacs.
Max Warp : Groovy.
Sn : Bon, je reprends, il y a de cela pas mal de temps sur la chaîne,
on a eu un gros méli-mélo
temporel multi-dimensionnel, et j’avais été embauché par l’organisme qui gère l’ensemble du multivers, la Jurisfiction, d’enquêter sur une planète morte, détruite par un robot dérangé qui pensait ainsi préserver la paix. Bref, longue histoire, mais j’avais quand même pris le temps de vous faire un montage de tout ça, parce que je suis très gentil et aussi pour me la péter, c’est pas tous les jours qu’on doit gérer des affaires multiverselles. Et bref, à la fin, en cadeau, le Conteur, un agent de terrain de la Jurisfiction branché Docteur Who m’avait filé ce comics, en me disant qu’il me serait utile pour l’année d’aprés.
Sn : Seulement, voilà, ça fait plus ou moins 5 ans, y’a eu le covid et je préferais des sujets plus joyeux, puis je suis tombé malade et dépressif, bref, j’ai pas vraiment eu le temps ou l’envie de m’en occuper jusque là. Mais nous y voilà, Zombie Christmas Carol, un comics publié par Marvel Comics en 2011 !


Partie 1 : Le contexte de l’oeuvre

Zombie Christmas Carol est une œuvre intriguante, qui semble s’inscrire dans deux cadres au premier abord. Ça tombe bien, ces deux aspects sont dans le titre, Zombie et Christmas Carol. Commençons par l’aspect Zombie.
Bon, je sais que j’aime bien expliquer beaucoup de choses dans mes vidéos, mais je me vois mal vous expliquer le principe du mot Zombie, tout de même.
Pupu : Mais tu vas le faire quand même …
Sn : …. Oui.

Créature imaginaire ultra-populaire depuis quelques décennies, il s’agit d’un mort ramené à la vie, souvent appelé sous l’oxymore de « mort-vivant », inspiré par la mythologie de la sorcellerie Vaudou. Mais contrairement au Vaudou où l’on parle d’un vivant qui ne pense plus et obligé d’obéir aux ordres de son maître, le sorcier ayant lancé la malédiction, on parle ici plutôt de cadavres ambulants et déambulant à plus ou moins à grande vitesse vers tout un chacun pour leur bouffer un truc, Originellement le cerveau, mais bon, c’est la Crise ma bonne dame, aujourd’hui, les zombies, il bouffent de tout et ils font pas les difficiles, hein, moi de mon temps, on n’avait qu’une simple orange pour Noël et on était bien content avec .…
[Transition parasites]
Bref, les zombies sont ultra-populaires, ne serait-ce qu’avec l’aide du comics the Walking Dead chez Image lancé par Robert Kirkman, mais aussi chez Marvel où depuis 2005 existent une série nommée Marvel Zombies, elle aussi crée par Robert Kirkman. Dans celle-ci, un virus zombie décide d’être plus efficace et de ne cibler que les super-héros, parce qu’il peuvent transmettre beaucoup plus facilement la contagion, car, pour rappel, le but premier d’un virus, c’est de se multiplier et donc d’être les plus efficace.
Sn : C’est pour ça que les virus sont si dangereux. Et c’est aussi parce que j’allais parler de ça que j’avais pas super envie de parler de ce titre en plein lancement de Covid. Notez que c’est pas franchement mieux maintenant, on est juste plus apathique, malheureusement. Bref, Vous préférez vivre avec la peste ou le choléra ?
Pupu : Heureusement que t’avais dit que tu voulais un esprit festif.
Sn : Oh, ça va, et va te laver, toi ! Tu fous du sang partout !
Pupu : A vos ordres, esprit festif.
Sn : Gnagnagna. Bref, …

Cette premiére série, Marvel Zombies, marchera vraiment bien, et aura le droit à divers spin-off et numéraux speciaux, dont Robert Kirkman va progressivement laisser l’écriture à d’autres, ce qui explique que la série va bien partir en cacahuéte à faire des crossovers avec Ash de la série Evil Dead ou encore de suivre Machine Man et Howard the Duck contre les zombies. Bref, rien de bien sérieux. Mais sans doute suffisant pour attirer le scénariste Jim Mc Cann à présenter à Marvel son projet, de refaire un chant de Noël de Charles Dickens, mais avec des zombies.

C’est là que l’on arrive à la deuxième partie du titre, Zombie Christmas Carol, qui est le titre en anglais d’un chant de Noël. Cette histoire est largement connue de par le monde, mais j’ai toujours l’impression qu’elle est bien plus connue dans les pays anglophones que par chez nous, donc, une piqûre de rappel ne fait pas de mal, surtout que voir comment fonctionne l’adaptation va être un des grands sujets de la vidéo.

Dans Un chant de Noël, on suit un vieux radin capitaliste avare, Ebenezer Scrooge, qui bien que riche à crever décide carrément de ne pas chauffer ses locaux pour faire des économies de bout de chandelle …
Sn : … Tiens, ça me rappelle un truc …

Bref, un gros capitaliste qui garde tout pour lui reçoit la visite de son ancien collègue, Marley, qui lui dit qu’à cause de la vie qu’il a vécu de gros avare de merde, il est actuellement condamné à une éternité de souffrances, mais que son pote Scrooge peut encore être sauvé et que 3 esprits vont lui rendre visite pour lui faire changer d’avis. Bien sûr, on est la nuit de Noël et les 3 esprits seront ceux des Noëls passés, présents et futurs, montrant à Scrooge son comportement, les conséquences actuelles de celui-ci et son probable futur si rien ne change. Il y a assez peu de personnages dans cette histoire : A part Scrooge lui-même et les esprits, On y trouve notamment l’ancien amour de Scrooge, Belle, qu’il a rejeté pour le sérieux de sa fortune, ou encore son employé Bob Cratchitt et son fils malade et handicappé, Tiny Tim, histoire de faire pleurer dans les chaumiéres.

Bref, à la fin de l’œuvre, Scrooge voit les erreurs qu’il a commises, trouve une forme de sagesse tardive dans le rappel de l’amour, et décide d’utiliser son argent et surtout de le partager, car la putain de morale, c’est quand même que les riches doit faire ruisseler l’argent sinon ils vont finir mal.

Sn : Dans un monde où 82 % des richesses mondiales crées l’an dernier ont été récupérés par 1 % de la population mondiale, c’est important de le rappeler. Et je tire pas les titres les chiffres de mon cul, mais de l’Oxfam, donc, c’est parfaitement sérieux.

Pupu : Heu, c’est pas un peu de gauche, ton discours, là ?
Sn : Ah, mais tout à fait. D’ailleurs, Dickens, à la base, voulait parler de redistribuer les sous et de problèmes économique. Mais bon, forcément, les grands de ce monde, que ce soit la critique ou l’Église, ont préféré mettre l’accent sur la rédemption et que Noël, c’est trop bien quand même. Du coup, je remets un petit coup des intentions de l’auteur, ça fait pas de mal.

Bref, Un chant de Noël, c’est devenu l’histoire de Noël de référence, dépassant même je pense le célèbre poéme anglo-saxon ‘twas the night before Christmas en terme d’adaptation au fil du temps. Enfin, prenez des pincettes quand même, j’ai rien vérifié, c’est juste mon impression de petit français. Mais justement, en petit français, un chant de noël, ça nous dit quand même un truc, tandis que si je commence le poéme, « C'était le soir, à la veille de Noël, et dans toute la maison, pas un être ne bougeait, pas même une souris... » Bref, ça nous dit rien du tout. Ce qui me conforte à dire qu’un Chant de noël, Scrooge et les 3 esprits, c’est quand même le plus connu dans le monde.

Et dans toutes ces adaptations, le scénariste Jim Mc Cann se propose d’en faire une version zombie en comics. C’était d’ailleurs aussi un truc qui marchait pas mal à l’époque, prendre des classiques de la littérature ou des figures historiques et d’y rajouter des zombies. Le plus connu est sans doute une adaptation très libre d’orgueil et préjugés de Jane Austen, avec Orgueil et préjugés et zombies, dont le roman était sorti seulement 2 ans plus tôt, en 2009 et dont l’adaptation en comics avait été faite en 2010. Cela lancera tout un genre, comme par exemple Abraham Lincoln chasseur de vampire, et, je le pense, ce Zombie Christmas Carol que Marvel a décidé de publier.

Partie 2 : Bon, alors, ça raconte quoi ?
(L’œuvre en elle-même)

Sn : Bon, c’est bien joli tout ça, mais bon, il serait temps de voir ce que raconte cette histoire, quand même.
Pupu : Youp-di-dou ! Et il t’a fallu que 3 pages de script pour y arriver ce coup-ci, bravo !
Sn : … Mais à part amener de l’humour discutable, tu sers à quoi, en fait ?
Pupu : Je sais pas, c’est toi qui écrit les scripts, mec.

Sn : … Bref, commençons à voir cette œuvre.

A la base, elle est publiée en 5 numéros sortie d’Août à Décembre 2011, puis compilé en un recueil sorti en Octobre 2012, que voici et qui sous sa pochette de base, se trouve une couverture du plus bel effet, faisant penser à l’effet des omnibus, et que j’ai adorer utiliser pour vous présenter l’ouvrage dans les vidéos plutôt que la pochette plastique de base qui certes, fait son taf, mais c’est vachement moins classe.

Et sur ce choix de série en 5 numéros, eh bien, c’est très intéressant. Bon, c’est certes un choix de découpage courant dans le monde du comics, que l’on retrouve souvent dans les années 2000-2010 et encore aujourd’hui, mais dans le cadre de Zombie Christmas Carol, qui est une adaptation, c’est très pertinent, car le récit originel un chant de Noël contient lui-même 5 chapitres. Et bien sûr, comme c’est plutôt une très bonne adaptation avec un twist, chacun des 5 numéros correspond, à peu de choses près, à chacun des chapitres originaux, que l’on peut résumer comme ceci :
Chapitre 1 : Les personnages nous sont présentés, Scrooge est un connard riche et égocentrique qui reçoit la visite du spectre de son ancien collègue, Marley, lui annonçant la venue de 3 esprits dans la nuit.

Chapitre 2 : Visite du premier esprit, celui des Noëls passés, où l’on assiste au passé de Scrooge, de son enfance solitaire en pensionnat jusqu’au moment où sa fiancée, Belle, lui rend sa bague, car elle lui reproche de faire passer l’argent avant leur amour.

Chapitre 3 : Visite du second esprit, celui du Noël présent, où Scrooge est baladé le long de diverses festivités de Noël, et notamment chez son employé Bob Cratchitt et son enfant estropié, Tiny Tim, et également chez son neveu Fred, beaucoup plus sympathique.

Chapitre 4 : Visite du 3éme et dernier esprit, celui des noëls futurs, qui ne parle pas, et guide Scrooge le long de plusieurs scénes, où Tiny Tim meurt sous les pleurs de sa famille et où Scrooge vient d’être enterré dans l’indifférence totale.

Chapitre 5 : Scrooge, revenu à la normalité, met en place les promesses faites auprès des esprits, profite du jour de Noël pour donner aux associations et nourrir son employé et son neveu. Et même le lendemain, pourtant après Noël, il augmente le salaire de Bob et n’hésite à partager un repas sur les heures de boulot.

Pupu : Heu, t’es sûr, sur la fin ?
Sn : Ah, oui, oui. On ne parle pas juste d’une rédemption pour Noël, qui n’aurait aucun sens, mais vraiment d’un turnover backflip 180° sur l’échelle des valeurs. C’est changer en profondeur sa vie et la répartition de sa richesse qui change tout dans cette œuvre. Mais bref, qu’est-ce que ça donne en comics et à la sauce zombie ?

Eh bien, le comics s’ouvre sur un hôpital pour les pauvres, où les patients sont tous devenus des zombies. L’on apprend que les prisons, les refuges, les asiles, tout cela est désormais le lieu des zombies, en cet hiver extrêmement rugueux où la nourriture manque. Le phénomène est appelé « Hungry Death », soit littéralement la mort affamée. L’on suit 2 personnages, Mister Jeffers et Mister Sands, plutôt fortunés, qui font apparemment partie du personnel de l’hôpital, qui le condamne et nous dise n’avoir plus qu’une seule chance : demander au seul homme qui ait assez de richesses pour nourrir cette masse affamée, un certain Ebenezer Scrooge.

Scrooge que l’on retrouve d’ailleurs dans son bureau, à dire à son neveu que Noël, ce n’est que des « sottises », à rabrouer son employé Bob Cratchitt frigorifié, donc, autant vous dire que les 2 gugusses qui viennent lui demander des sous pour « la population en surplus », comme c’est si joliment dit, ils vont se faire joliment envoyer balader. Surtout qu’en plus, histoire de l’émouvoir, ils mentionnent la mémoire de son ancien partenaire décédé et sans doute seul ami dans la vie, Jacob Marley. Hé bien, ce sera une sacrée soufflante, et j’en profite pour parler un peu des dessins, histoire de faire une pause dans la narration.
Dans toute cette partie vie normale, le dessin sera assuré par David Baldeon. Pour tout vous dire, c’est un artiste que j’aime beaucoup, par exemple à l’œuvre sur la récente série mutant X-Factor dont je vais devoir vous parler à un moment ou à un autre parce que y’a des trucs qui m’ont bien plu, ou encore la mini-série récente Ben Reilly Spider-man, pour parler de ces œuvres récentes. Ici, il a un style très marqué et vraiment intéressant, qui donne un style parfois un peu cartoon à ses personnages, mais qui fait des merveilles sur l’ambiance. Je veux dire, regardez-moi cette ombre déméesurée partant du personnage d’Ebenezer Scrooge dans sa première apparition, une ombre qui fait plus du triple de la petite portion du personnage qui apparaît. C’est sublime, et montre bien qu’un si petit homme a pourtant une énorme influence sur ce qui l’entoure, et une influence négative, car l’ombre est rarement présenté comme une influence positive dans la fiction.
Vous avez peut-être noté que j’ai parlé de partie normale concernant le présent, c’est parce que ce qui concerne les noëls passés et futurs, le tout sera assuré par un autre dessinateur, Jeremy Treece, mais nous y reviendrons tout à l’heure. Pour l’instant, notons que le style de David Baldeon n’hésite pas à exagérer les personnages, tout en gardant des décors et des paysages extrêmement réalistes. Par là, on montre que l’on va coller le plus possible à Dickens, à son époque et ses ambitions, tout en montrant que quand même, on va aussi se réaproprier un peu les personnages. Et puis bon, le Londres de l’époque victorienne a toujours été un bon décor d’épouvante, avec son manque de lumière, son brouillard presque constant alimenté aussi par les fumées de la Révolution industrielle et sa misère ambiante. C’est plutôt pas mal pour une œuvre qui va aussi jouer sur le volet horreur. Alors certes pas un horreur viscérale comme une vrai œuvre qui se voudrait purement horrifique, on est plutôt ici dans une œuvre qui va se draper dans l’apparat de l’horreur pour passer un message. Et on retrouve ici exactement ce qu’avait fait Dickens à son époque, en utilisant des fantômes.
Pu : Ouais, sauf que nous, à notre époque, les fantômes, c’est un peu ringard, et on aime bien voir du sang. Donc, on met des zombies.
Sn : Exactement. On pourrait même dire que l’ajout de zombies est une simple adaptation au mode de l’époque du message originel, contrairement à d’autres récits du genre qui n’ont parfois pas d’autres vocations que de mélanger deux choses connues du grand public et d’en proposer un spectacle pur. Ici, le message de Dickens est renforcé pour un public plus moderne. … Avec des zombies !

Dans notre narrations, d’ailleurs, l’on voit Scrooge rentrer chez lui dans un Londres rempli de brume, et l’on y apperçoit des silhouettes loitaines nappés de ce fog si londonnien. Et en passant, un tennancier de bar local dit à Scrooge d’être prudent, car aprés tout « Seuls les morts se trouveront à l’extérieur en ce soir de Noël ».
Le personnage rentre chez lui en suivant tout le décorum du roman, la poignée de porte qui prend les traits de son défunt ami Marley, le fait de voir un fantôme de carosse, censé représenter le carosse funéraire de son ancien ami quand il l’ont enterré, une peur qui commence à monter chez Scrooge, mais un détail pourtant est mis en avant bien différent de l’original, une morsure sur son avant-bras.
Notre radin de service se réfugie dans sa chambre, et l’esprit de son collègue décédé vient lui rendre service. Bine sûr, il est décharné et zombifié, et comme dans l’œuvre originelle est bardé de chaînes, car son âme est condamnée à la damnation éternelle. Il a même tout un truc autour de la tête comme si on voulait l’empêcher de mordre, et je trouve ça cool.
Pupu : Oh, il est trop meugnon ! Il a même une potite clochette au cas où il se perde !
Sn : Je pense que c’est plus pour le répérer en cas d’embuscade, mais oui, pourquoi pas …

On a donc une discussion comme quoi l’âme de Scrooge est vouée au même tourment, sauf si il change, mais avec un twist, puisque l’on nous dit qu’il n’y a plus de mort du tout, ce qui est logique au vu de tout ce qui est zombie. Marley lui dit qu’il dit qu’il est la cause de tout, et Scrooge ne comprend pas, après tout, il s’est toujours bien tenu à l’écart des affaires des autres et de leurs vies. Ce à quoi Marley lui répond qu’il aurait dû s’occuper de l’humanité pendant sa vie, et que désormais, cette même humanité est son festin. C’est donc Scrooge et Marley qui aurait crée cette épidémie de zombie, cette « hungry death » qui touche la population londonnienne. Et les deux d’ailleurs voit enfin à la fenêtre le fog se lever et nous montrer que toutes ces silhouettes dans le brouillard n’être qu’une horde de zombies dévorant corps et âmes sur leur passage.
Et c’est là que se termine le numéro 1. Et on découvre avec joie que chaque numéro a quelques pages de commentaires des scénaristes et dessinateurs, pages heureusement disponibles également dans le recueil, et que j’aime quand ça fonctionne comme ça.

Scrooge se réveille dans son lit, ouf, cela n’était-il qu’un rêve ? Ouais, bof, y’a un corbeau chelou à la fenêtre et le premiers des 3 fantômes apparaît. Rose fânée à la main et robe de mariée flottante, elle apparaît pour se décomposer, puis réapparaître à chaque fois, toujours plus prêt de Scrooge. Et purée, regardez-moi ce crâne sous le voile de mariée avec l’orbite de l’oeil lumineux, là, c’est joliment macabre de fou.
Sn : Non, y’a pas, le dessin, il claque de fou quand même.
Le premier spectre emmène donc notre Scrooge à travers les brumes du temps, et le temps d’un changement de page, nous avons notre premier changement de dessinateur, passant du trait de Jeremy Baldeon à celui de Jeremy Treece, qui a une style moins travaillé, mais qui, avec ses couleurs moins flashy et plus réalistes, nous présente une ambiance différente montrant bien le changement de période.
Scrooge d’ailleurs s’en rend compte très vite, et commence par être tout fou d’être retourné l’époque de sa jeunesse, notons d’ailleurs que contrairement au présent recouvert de brume, ici, tout est beau et merveilleux, personne n’est habillé en guenilles, y’a même un gamin avec un ballon et un vendeur de tartes, bref, on est plutôt dans une situation idyllique. La seule brume que nous verrons viendront du spectre et du vieux Scrooge lui-même.
L’enthousiasme de Scrooge est cependant vite douché, quand le spectre des noëls passés l’améne prés d’une école abandonné, où le jeune Scrooge, solitaire, s’occupe d’un cheval en fin de vie. Cependant, alors que la mort emporte le canasson, celui-ci mort soudain le jeune Scrooge, exactement à l’endroit où nous avions vu une morsure sur l’avant-bras du vieux Scrooge dans le numéro précédent.
Sn : Tiens, tiens, tiens, comme c’est pratique.
Pupu : Okay, donc, on est au niveau d’écriture des énigmes du journal de Mickey, youpi.
Sn : Oui, enfin, à la base, y’a un mois entre chaque numéro. Et puis, c’est un des rares vrais ajouts de cette adaptation, ça mérite que je m’yattarde.
Pupu : y’a pas les chevaux dans le roman ?
Sn : Alors, si, y’en a même plein, comme Ali Baba, Valentin, Orson, bref, y’en a pas mal. Mais aucun ne meurt, et il sont juste nommés pour montrer que Scrooge était solitaire et avait reporté beaucoup de son affection sur les animaux dont il s’occupait. Mais bref, retournons au récit.

Alors que Scrooge vient d’être mordu arrive sa petite sœur, Fran. Il arrive à lui cacher dans un premier temps sa blessure qui commence à puruler de sang vert assez vite, mais celle-ci s’en rend finalement compte, et encore plus quand le cheval devient cadavérique à une vitesse, avouons-le, assez alarmante. Je reviendrais plus tard sur ce sujet quand nous parlerons de ce que le genre zombie apporte à l’oeuvre dans une troisiéme partie.

Bon, comme dans toutes les versions d’un chant de Noël, la partie des Noëls passés est la plus fournie en événements divers, puisque notre personnage Scrooge a un certain âge, et un futur qui sera forcément moins long que son passé.
Sn : A moins qu’il n’ait bu un élixir de longue vie.
Pupu : A sa santé !
Sn : Mais ça m’étonnerait.

On va donc essayer de passer rapidement sur divers événements importants, mais bon, on va essayer de speeder un peu, déjà parce que je suis pas sûr que Pupu reste sobre jusqu’à la fin.
Pupu : Ah, ça, y’a toujours un risque.
L’on apprend donc rapidement que :
Petit 1, la petite sœur de Scrooge, Fran, est morte en donnant naissance à Fred, le neveu de Scrooge jovial qui est venu l’inviter à Noël dans le premier numéro.
Petit 2, que Scrooge avait déjà largement lâché sa famille à ce moment, puisque nous voyons un noël passé chez son vieux maître Fezziwig, où Scrooge a griffé son ami de l’époque Wilkins lors d’une dispute sur les coûtes d’une telle réception.Notons que Wilkins semble avoir eu le même genre de griffure purulente que Scrooge après le cheval et que Scrooge n’a jamais revu Wilkins aprés cela.

Petit 3, que les Fezziwig furent en fait dévorés par des zombies aprés que Scrooge les ait laissé, et que le point de départ semble être Wilkins, infecté par les peurs et les secrets de Scrooge d’aprés le spectre.

Le 4éme point sera plus long, car c’est généralement le point le plus mis en avant dans toutes adaptations. Le Noël suivant, c’est le pire jour de Scrooge, où Belle, sa fiancée de l’époque, pleure auprès de Scrooge. D’après elle, celui-ci a été remplacée dans son coeur par une autre idole faite d’or, que toutes ses aspirations ont changés une par une, toutes remplacées par une seule, l’appât du gain. Et tout cela pour une seule raison, qu’il se ferme au monde par peur de celui-ci. Scrooge tente de la retenir, créant un contact entre eux qui semble également propager l’infection de Scrooge.
« Libéres-moi comme je t’ai libéré !  Puisses-tu être heureux dans la vie que tu t’es choisie.»

Scrooge supporte vraiment très peu ce qu’il appelle de la torture, même si ce n’est après tout que la vision de son passé. Mais il reste un Noël passé à consulter. Dans une sorte de prison, où derriére chaque porte s’entend un grognement, nous découvrons Belle, totalement infectée, et qui se met à dévorer son nouveau mari. Fatigué de ce jeu, Scrooge attrape le voile du spectre, et découvre le visage zombifié de son seul amour, Belle. Il tente de faire disparaître la vision d’un grand coup, et Scrooge se retrouve seul, à attendre la prochaine visite.

Et la voici, d’ailleurs, qui ouvre le numéro 3. d’abord une grosse lumiére apparaît autour du lit à baldaquins où Scrooge s’est recroquevillé, lumière qui vient d’un grand et assez corpulent bonhomme avec corne d’abondance, bref, clairement, le monsieur est en Dionysos style et se met plutôt bien.
Pupu : Et il est pas tout seul ! Santé !
Sn : Franchement, t’es pas le meilleur colloc à avoir.
Pupu : Ouais, mais j’ai un charme indéniable.

[Sn fait un petit haussement de sourcil].

C’est le fantôme des Noëls présents, qui commence par montrer à Scrooge des visions du monde tel qu’il aurait dû être, on a de superbes visions de Noëls victoriens de cartes postales, sauf que … Bah, c’est un bouquin de zombie, et donc, l’esprit dit à Scrooge que c’est de sa faute si c’est l’apocalypse zombie en ville. Car oui, si Scrooge est lui content de ne pas entendre les chorales de Noël dans les rues …
Pupu : Et je le comprends. Dégagez ! [panpan à la fenêtre] Non mais.
Je disais donc, si Scrooge semble content au départ, l’esprit des noëls présents lui fait très vite la leçon en lui montrant ce qui se passe en ville : l’église refuse l’asile à des habitants qui se font boulotter, et Bob Cratchitt, son employé, qui recherche son fils Tiny Tim en ville.
Au passage, j’adore la force du regard de l’esprit dans cette partie, capable de passer d’être tout joyeux à incroyablement menaçant très rapidement et efficacement. Vraiment, les parties dessinées par David Baldeon sont très efficaces.

L’esprit amène donc Scrooge à une autre scène.
«  Quelle sorte de Logis est-ce là ?
-Le plus important, un logis pauvre.
-Pourquoi un pauvre est le plus important ?
-Parce que c’est ceux qui en ont le plus besoin. »

Il s’agit du logis de Bob Cratchitt et de sa famille, déjà touché par la menace zombiesque, puisque l’on apprend que « cette pauvre Martha, cette pauvre Martha affamée » est allée à l’hôpital le mois dernier.
Sn : Et on a tous vus en début d’œuvre ce qui est arrivé à l’hôpital.
[Le Pupu mime des zombies]
Sn : Oui, voilà.

On voit que Bob Cratchitt, l’employé de Scrooge revient de la rue, tenant son fils Tiny Time ensanglanté dans les bras. Alors, un mot sur ce que représente Tiny Tim dans l’oeuvre.
Le côté Tiny Tim a toujours été l’incarnation, en gros, de l’esprit de Noël, de faire au mieux malgré le fait que c’est vraiment très dur comme situation. L’idée de fêter et d’être en paix malgré le monde extérieur qui, clairement, ne nous veut clairement pas du bien. Et normalement, Tiny Tim meurt de froid aprés que Bob ait tardé à le retrouver dehors.
Sauf que là, bon, Bob, il a trouvé son fils pas loin de l’église, il a clairement été infecté, et l’on apprend que Bob Cratchitt a été en retard pour retrouver Tiny Tim … Justement parce qu’il a tardé à demander à Scrooge de partir plus tôt. Enfin, « monsieur Scrooge », car Bob est le seul en cette ville à encore avoir du respect pour son employeur dans cette ville. Aprés tout, c’est lu qui permet de mettre à manger sur la table. Et c’est là que le regard de la mére se pose sur Tiny Tim allongé sur la table : «  L’origine du festin, en effet. »
Sn : Je sais pas vous, mais moi, l’humour noir et grinçant, ça me fait toujours un peu plaisir quand même. Parce que la vie est souvent noire et grinçante, quelque part.
Quand Scrooge lui demande ce qui va se passer ensuite, l’esprit des Noëls présents ne peut parler que de l’avenir très proche. Et Bob Cratchitt va mourir. Tiny Tim, lui, ne pourra jamais mourir !
Et l’esprit de lui montrer que les zombies sont désormais partout, des usines aux galères, touchant même désormais des personnes en costume et bien habillés.
Néanmoins, il reste une lueur d’espoir. Dans une horde de zombie, une ancienne dame désormais morte-vivante qui demande de l’aide. Et dans une maison accueillante et non barricadée comme le reste, en s’en approchant, elle redevient normale, alors que le neveu Fred qui accueille tout ceux qui viennent à sa porte et l’invite à rentrer.
Pupu : Quoi !? Attends, elle redevient normale ? Mais, et le gore alors ?
Sn : Oh, t’en fais pas, tu vas en avoir aussi.

Car l’esprit annonce à Scrooge que Si Fred peut changer la situation, c’est sans doute car la lumiére de sa sœur, chaleureuse et prête à aider, habite son neveu. Et que cette lumiére doit être trouvée en Scrooge cette nuit, ou la Terre sera condamnée, et le dernier spectre à venir, le fantôme des noëls à venir, sera le dernier spectre à jamais fouler cette planéte.
Car en effet, le temps de l’esprit des Noëls passés touche à sa fin, et comme dans l’original, sa disparition s’enfonce de plus en plus dans l’horreur. Et d’ailleurs le dessin fait un très bon travail à montrer les traits de l’esprit devenir de plus en plus faible et misérable au fil du temps.
Pour donner un effet gore, comme l’espére notre ami au crâne blanc, ...
Pupu [petit, fond vert] : Bah ouais, quand même !

Nous découvrons que l’esprit des Noëls présents est lui même rongés par deux petits zombies volants, à la grande surprise de Scrooge.
«  Sont … Sont-ce vos enfants, Esprit ?
-Ce sont ceux des hommes. Le garçon est l’ignorance et la fille l’envie. Prenez garde aux deux.
-N’ont-ils pas de refuge ou de ressources ? »
Et alors, en écho resonne les propres paroles de Scrooge plus tôt dans la journée
« N’y a-t’il pas de prisons ? Pas de maisons de corrections ? »

« Je ne savais pas ce que je disais alors, esprit ! Pardonne-moi et libére ces pauvres créatures !
- C’est à l’humanité de les libérer. De les consoler. Ils sont la population en surplus, cherchant ce que peu possèdent et que le peu possédant ne souhaite pas partager. Et si tu peux vraiment avoir un coeur, oublie ce maudit «c’est impossible » jusqu’à ce que tu aies découvert ce qu’est le surplus et où celui-ci se trouve.
-Est-ce que ce fardeau doit vraiment être sur mes seules épaules ?
-Ebenezer Scrooge, cela a commencé avec toi et cela finira sur tes épaules. Tu dois décider si tous les hommes doivent vivre ou si tous les hommes doivent périr, TOUT COMME JE PÉRIS MAINTENANT ! »
Et c’est alors que l’esprit des noëls présents finit dévoré par l’ignorance et l’envie qu’apparaît dans une fumée rouge le dernier spectre tout squelettique. Et cette dernière case avec le reflet dans l’oeil de Scrooge, miam, c’est excellent.
Pupu : Purée, et c’est que la fin du troisiéme numéro … on en a encore pour un bon moment, à ce rythme là.
Sn : Et tu as raison, on va speeder un peu.

On va d’autant plus accélérer que le troisiéme esprit, celui des noëls à venir, ne parle pas. De toute façon, il n’a que la bas de la mâchoire de disponible sur son crâne, donc, ça n’aide pas, à vrai dire. Et comme c’est surtout les conversations entre Scrooge et les esprits qui sont savoureuses, on va accélérer.
L’on découvre donc que la maison de Scrooge semble abandonné depuis des lustres vu la poussiére, et que le reste de la bonne société fortunée y a trouvée refuge, et jette le peu de richesse restante à la masse de zombies dehors. Bref, ça a l’air plutôt mal barré.
Du côté des Cratchitt, Tiny Tim a infesté le reste de sa famille, et tout le petit monde vient gentiment dévorer le bon Bob Cratchitt, dans une scéne assez poignante, je dois l’avouer.
Quand soudain, les zombies s’arrêtent et murmurent deux mots :
«  Il arrive ».
Tous les zombies se regroupent au cimetière, le cadavre de l’ancienne fiancée de Scrooge détruit la pierre tombale de la sœur de Scrooge, Fran tandis que surgit de sous terre le maître de tous ces zombies, Scrooge lui-même, devenu un mort-vivant.
« J’ai Faim. »
Et c’est alors que Scrooge, notre scrooge hein, pas le mort-vivant, voit l’esprit de sa petite sœur lui apparaît, mais il ne peut la retenir. Et c’est alors que Scrooge finit de tout comprendre, dans ce qui est peut-être le meilleur speech de Scrooge EVER, toutes versions confondues.
«  Cela ne sera pas, esprit ? Elle était mon espoir, à une époque. Et pourtant, je l’ai manquée. Non, pire, j’ai raté l’occasion de l’épargner. Elle était la seule source de lumiére dans ma morne vie. La seule joie.
Et je l’ai empoisonnée. Mes peurs et mes secrets se répandant comme la Peste Noire. De moi, à Fran, à Dick, et Belle, même Tiny Tim.
Je suis l’homme dans cette tombe. Et l’ai été depuis un grand nombre d’années. C’est le secret qui pourrit mon coeur.
Qu’une simple morsure d’une créature que j’ai tenté de sauver en étant jeune a affermi ma croyance qu’aucun homme ne peut aider son prochain.
Qu’il ne peut que l’affamer en amour, en affection, en richesse et en réconfort. Que l’homme ne peut que tuer. »

Cherchant à pousser l’esprit muet à réagir et afin de lui montrer à quel point il est prêt à agir pour éviter cela, il arrache la cape noir du spectre et … Se réveille dans son lit, terrorisé, se cachant dans ses propres draps, ne laissant que sa propre mâchoire inférieure dépasser. Et purée, que c’est beau, de nous faire comprendre ainsi que ce squelette sans voix n’étaient rien d’autre que le cadavre de Scrooge lui-même.


Bref, nous voici donc au cinquième et dernier numéro.
[Réjouissances Générales]
Je sais que c’est long, mais le talent, tout comme le diable, est souvent dans le détails. Supportez-moi encore un peu. [sourire]


Scrooge est seul dans sa chambre, terrifié. Il regarde à la fenêtre et les rues sont couvertes de zombies. Il désespére et ne sait pas quoi faire, s’énerve et va jusqu’à jeter son bonnet de nuit dans le feu, ce qui semble finalement le rebooster et lui donner confiance en soi.
« Les esprits l’ont fait en une nuit. Ce vieux Scrooge n’a qu’une journée . »
PR. SUR  Mais oui, mais c’est bien sûr ! En jetant son bonnet de nuit et en le détruisant, il montre justement sa prise de confiance et son passage à un personnage actif. Celui qui a été passif toute la nuit détruit le symbole même de la nuit pour assumer l’arrivée du jour et son passage à l’action.
Sn : … Alors, excusez-moi, mais vous êtes qui, vous, encore ?
Pr Sur : Je suis le Professeur Surexpliquos, je suis là pour expliciter de façon un peu agaçante certains points de détails de façon très poussée.
Sn : … Et vous arrivez à gagner votre vie avec ça ?
Pr Sur : Ma foi, je ne me plains pas trop, pour ma part. Il faut dire aussi que j’ai plutôt connu une jeunesse dorée, et que … [En fond] ma mère, déjà, avais un haras de poneys sauteurs, ce qui enchantait les enfants, et procuraient une bonne source d’argent à notre famille. Et un bon complément à l’activité de notre père, sculpteur sur carotte rousse.
Sn : Oui, j’aurais dû me douter qu’il allait surexpliquer ça aussi. On enchaîne. Vite.

On assiste donc à Scrooge qui revêtit symboliquement son costume sur une page entiére, c’est limite fait avec le même soin que Batman qui se met en costume, mais sans les bat-tétons.
Pupu [fond vert] : Et encore heureux.
« C’est le jour de Noël. Et je ne l’ai pas raté. »
Scrooge, donc, se met à courir dans les rues, expliquant aux deux personnages fortunés du début, Jeffers et Sands, de suivre son plan, encore secret et de le retrouver à un certain endroit à une certaine heure.

Il arrive à la maison de Bob Cratchitt, Tiny Tim et leur famille, où le pauvre gamin va vraiment pas bien, et il demande à toute la famille de le suivre dans les rues pourtant encore grouillantes de zombies. C’est que Scrooge les amméne chez son neveu Fred, qui l’a invité pour Noël au début de l’oeuvre et qu’il avait violemment repoussé, et dont on a vu que son esprit d’accueil et de bonne volonté avait déjà réussi à soigner quelques victimes, mais en petite quantité.
Le Fredo, il est toujours d’aussi bonne volonté, ça pue les valeurs et paf, Tiny Tim est guéri la page d’après, il danse même avec Scrooge, ce qui est encore une fois une bonne grosse référence au roman d’origine.
Les 2 riches se ramènent avec plein d’argent venant sans doute de la fortune de Scrooge, et il parade en ville en jetant littéralement l’argent dans les rues, rameutant tous les zombies jusqu’au cimetière. Il va même sur la colline où il a vu se tenir sa tombe dans le futur, et on se dit purée, ça se passe super trop bien. Il est temps de foutre quand même une péripétie, tout de même. Et donc, la Terre se souvient que Scrooge lui appartient, on la voit commencer à se soulever, mais lui l’a réduit au silence d’un coup de canne en crisant simplement « ASSEZ ! ».
Pupu : Oh, efficace, je note ce coup.

Il fait donc un discours devant les zombies, il explique que tout est de sa faute.
« Ce sont mes erreurs qui vous ont apportés une telle ignorance et une telle envie sur vous, une maladie qui laisse l’âme avoir envie de plus que tout ce que cette vie peut apporter. Cette mort affamée vous volé en même temps votre vie et votre tombe. Sachez ceci : Je suis sincèrement désole. »
[Setup jeu de rôle :
MJ Sn : Bon, je te cache pas que ça va être un jet particulièrement difficile. Tu tentes un jet d’éloquence sur des zombies, hein, c’est peu réputé pour leur écoute, et en plus, c’est toi-même qui les a rendus comme ça à la base. Bon, je te laisse une chance parce que tu as en théorie un contrôle sur eux du fait que tu es à l’origine de tout ça, mais il fraudas 18 ou plus sur un D20 pour que ça passe.
Joueur Thomas : Okay. Je lance les dés, et … Hé, 20 Naturel, jet d’éloquence critique. Et j’ai un bonus de +2 parce que j’ai mis mon beau costume.

Et en effet, la vache de coup critique, alors qu’il annonce vous n’aurez plus jamais faim, une lumière émane de Scrooge, les esprits de Noëls et le spectre de Marley sont ébahis, les zombies redeviennent normaux, ceux qui étaient déjà morts tombent à terre tandis que les vivants reprennent forme normale, son ancienne fiancée Belle revient à la vie temporairement afin de le féliciter d’être redevenu l’homme qu’elle avait aimé et de rendre son dernier soupir dans ses bras. Bref, non, y’a pas, c’est une belle fin de campagne.
Joueur Thomas [Essuie son dé] : Hé Ouais. 20 Naturel, Baby.Bref, on voit les habitants et surtout Scrooge ré-enterer tous les cadavres comme ils le méritent, et en fin de journée, il invite tout le monde chez lui à la plus belle fête de Noël jamais vue. Le narrateur nous dit bien que «  certaines personnes s’amusaient de voir le changement en lui, mais il les laissait rire ». J’aime bien cette petite phrase qui montre que oui, on n’a pas tout oublié quand même, mais bon, on peut vivre ensemble tant qu’on fait une vraie amende honorable.
Sn : Et j’insiste sur le « Vraie » amende honorable.
Bref, tout va bien, mais il nous reste encore quelques pages pourtant. C’est que c’est là qu’a lieu la plus grosse déviation avec le roman originel.
Pupu : Attends, la plus grande déviation, c’était pas avec les zombies ?
Sn : Bah, aussi bizarre que ce soit à dire, non.

On voit Scrooge qui dit que ce n’est que le début pour Tiny Tim, refuse que son employé Bob Cratchitt parle de dette envers lui, et lui demande de l’aider à « monter ce vieil homme dans sa chambre ». Bob et le neveu Fred aident donc Scrooge à monter dans sa chambre et à s’allonger sur son lit. Il se souvient des paroles de certains esprits de noël.
«  Hé … Mon espéce ne peut durer qu’une nuit ... »
Il donne à son neveu Fred toutes les compagnies qu’il possède, insistant sur le fait que les hôpitaux et les refuges soient comblés. Et il donne à Bob Cratchitt sa maison et toutes les richesses qu’elle contient. Et à Tiny Tim, il lui demande de continuer à chanter la vie et de savoir garder l’esprit et l’ignorance de la jeunesse.
Et, alors qu’il voit l’esprit de son ancien ami Jacob Marley, il annonce qu’il va aller voir un vieil ami. Et Scrooge meurt sur son lit, et l’histoire se termine sur une vision de sa tombe, et de l’esprit des Noël Passés, présent et Scrooge en train d’observer le futur.
Dr Sur : Mais Oui, mais c’est bien sûr ! C’est une façon subtile de rappeller que Scrooge, de par ses actions, est devenu l’esprit des noëls futurs, lui qui a sauvé le futur.
Sn : oui, une façon subtile, exactement. Par contre, c’est beaucoup moins subtil d’apparaître pour en gâcher tout le truc, bon sang !
Pupu : Tu veux que je m’en occupe ?
Sn : Non, esprit festif on a dit ! Bon, bref, c’est ainsi que se termine cette adaptation en comics d’un chant de Noël avec des zombies, sur la mort de Scrooge, ce qui est le point extrêmement différent de l’original. Un point qui change donc le rapport de l’œuvre avec la mort et qui nous amméne à la troisiéme et derniére partie de cette vidéo, …
Pupu : ENFIN !
Sn : … Qu’est ce qu’apporte le genre zombie dans cette adaptation, et pourquoi elle est incroyablement pertinente.


Partie 3 : Des Zombies dans mon Noël ! Faute de ton ou coup de génie ?

Sn : Bah oui, parce qu’on peut se dire que mélanger un chant de Noël de Dickens et le genre des mangeurs de chairs purulents, c’est assez étrange à première mesure. Et même à la Deuxiéme, d’ailleurs. Commençons déjà par rappeler les quelques raisons que nous avons déjà cités au cours de notre discussion :
Premièrement, un contexte où les œuvres zombies cartonnent pas mal. Dans l’univers de comics, on parle bien sûr de Walking Dead, dont 6 recueils trustent le top 10 des TPB, ou recueils, vendus sur cette année 2011, et dont les 1ers et 14emes recueils sont les seuls à dépasser les 30,000 ventes cette année-là selon le site Comichron, qui est un peu une des seules sources sérieuses sur le sujet avec l’IPVC2.
Sn : Oui, quand on vous dit que ça va mieux pour les comics en ce moment, c’est pas une blague.

Dans le cas de Marvel, l’éditeur du titre, on a aussi le succés des différentes séries Marvel Zombies, qui apparaissent dans les classement des numéros les plus vendus de ces années là.
Bref, les zombies, ça vend.
Deuxièmement, un contexte où de nombreuses œuvres d’un même type existent. Nous voyons masse de mélanges entre littérature et genre, comme le patient zéro qu’est orgueil, préjugé et zombie, ou entre l’histoire et le fantastique, comme Abraham Lincoln chasseur de vampire.
Sn : Et le pire, c’est que ça n’est sans doute pas la fiction la plus fantaisiste avec Lincoln, parce que le roman où il bute des vampires s’appuie au moins sur un travail de recherche poussé sur la vie du défunt président américain. Non, je dirais que la palme revient à une série de comics intitulée Time Lincoln. Dedans, Lincoln peut se la jouer Mad Max contre Trump ou encore une équipe avec entre autres Benjamin Franklin et Isaac Newton, bref, c’est pas vraiment la véracité historique qui l’étouffe.

Troisièmement, nous avions parlé, assez rapidement il est vrai, que les zombies étaient l’évolution logique des spectres que nous retrouvions dans le roman original. Et si j’en avais parlé assez rapidement, c’est parce que j’ai envie de parler beaucoup plus en détail ici.
Parce que, avouons-le, aujourd’hui, les fantômes, ça nous fait moins collectivement flipper.
Sn : y’a que avec un filtre vert pour faire nuit et en mettant des bruit chelous hors champ que ça marche encore ^^

Non, parce que soyons francs, aujourd’hui, la figure du fantôme ne fait plus vraiment peur. Voici quelques exemples assez basiques pour le démontrer. Aujourd’hui, les fantômes sont plutôt vus comme bénéfiques, et par exemple, on peut facilement en faire des histoires d’amour de premier degré. Et c’est même pas vraiment récent ou un truc de niche, ce sont au contraire des histoires avec grand succès public, comme le film Ghost par exemple pour un exemple tourné vers les adultes ou Casper le fantôme pour un exemple plus enfantin.
Même quand on utilise des phénomènes paranormaux associés aux fantômes, comme par exemple les actions Poltergeist qui consistent à foutre le bordel dans une maison, on n’utilise plus les fantômes. On leur pique carrément leurs actions spécifiques : par exemple, dans le film paranormal activity, toutes les actions que l’on voit au cours du métrage, à part peut-être la tout fin, tout pourrait être l’œuvre d’un fantôme type poltergeist.
Sauf que non, les fantômes, ça fait pas peur, donc, on va dire que ce sera un démon, à la place ! Parce que tout le monde sait qu’Azazel, Belial ou Nergal n’ont que ça à foutre de venir bouger des objets dans ta cuisine !
Démon : [au téléphone] Bon, pour le mouvement des … Oh, attends, 2 secondes… [face caméra] Oui, sérieusement, je suis super charrette niveau planning, alors, vos conneries de déplacer des trucs dans vos cuisines pendant que vous dormez, hein, vous oubliez. J’ai un rituel nécrotique à finaliser, de la haine à propager et des gens influents à pousser vers le chaos. Soyons sérieux 2 minutes, quoi. [Reprends téléphone] Oui, Marine, faut que tu vois avec Gérald pour ça. Je peux éventuellement voir avec Vladimir, aussi, sinon, mais …
Bref, laissez Valefor tranquille et utilisez les fantômes, c’est leur rôle. Sauf que non, comme ça fait plus vraiment peur, on utilise plus vraiment les fantômes pour faire peur, plutôt pour des comédies. Et ce dés les années 80, le fantôme se retrouve plus en comédie qu’en horreur. Les S.O.S Fantômes, Beetlejuice, puis fantôme contre fantôme, le manoir hanté, … Et c’est une façon de faire internationale, même chez nous en France, je pourrais parler de Fantôme avec chauffeur ou encore de Poltergay …
Sn : Bon, c’est pas la fine fleur de la comédie à chaque fois, hein, mais mon point, il est là : Aujourd’hui, les fantômes, ils font plus peur. Ils nous font rire. Ou pleurer.
Parce que oui, on utilise aussi les fantômes pour parler des liens avec les êtres chers, du processus de deuil et autres. Comme par exemple le film Sixième Sens ou le film The Others, où l’on suit finalement des points de vues différent pour nous parler finalement aussi de l’acceptation de la mort.
Dans les succès populaires, il y a encore les films The Ring, avec Sadako qui est techniquement un Spectre, mais qui ressemble surtout à la petite fille flippante un cliché de l’horreur qui est devenu assez populaire également, comme par exemple dans des films comme Esther.
Et même la série de films actuelles d’horreur à succés du Conjuring universe évite plutôt les fantômes comme grosse menaces, parlant plutôt d’objets maudits et ou possédés et de démons.
Sn : Bref, les fantômes n’ont pas la côte, et ça fait chier Sam. Pas vrai Sam ? Vous voyez, le principal intéressé dit oui.
Pupu : A qui tu parles ?
Sn : Bah, à Sam. Ecoutes, je sais bien que vous êtes fâchés et que c’est pour cela que vous parlez jamais ensemble, mais quand même, Sam est là depuis le début de la chaîne, tu pourrais faire un effort et lui parler un peu, quand même. Je sais qu’il est discret, mais bon, fais un effort !
Pupu : ….

Et je pense d’ailleurs, si je devais faire une supposition, que le nombre d’adaptations d’un chant de Noël et la façon de plus en plus « cucul » de faire ces dites adaptations a d’ailleurs joué dans cette ringardisation des fantômes. Parce que pour une bonne adaptation d’un chant de Noël tous médias confondus, on se tape 5 médiocres, au mieux, à côté.
Donc, qu’apporte le genre zombie à cette adaptation ? Eh bien, tout simplement de renouer avec le genre horreur, comme le faisait l’original à son époque. L’époque victorienne, définit par le règne de Victoria 1ére du nom, se définit par un retour dans les mœurs d’un puritanisme extrêmement fort et qui a conduit comme exutoire à un essor du fantastique et de l’horreur dite gothique dans sa littérature, histoire de se lâcher un peu. Et les fantômes y tiennent une grande place, chez des auteurs et autrices de l’époque comme Arthur Conan Doyle, Charlotte Ridell, Edith Nesbit ou encore George Moore . Et, bien sûr, Charles Dickens, et pas que dans un chant de Noël, d’ailleurs, on pourrait parler aussi Le Fantômes dans la chambre de la mariée, du Signaleur ou encore de l’apparition du baron Koëldwethout. Pour tout dire, il y’a tellement d’histoires de fantômes et d’horreur un peu gothique chez Dickens que oui, le côté horreur était clairement une volonté chez Dickens, même si le côté social de son œuvre est aujourd’hui beaucoup plus présente dans l’esprit du grand public, où l’on se rappelle plus Oliver Twist, David Copperfield ou encore les Grandes espérances. Et je sors pas ça non plus de mon chapeau, c’est littéralement, avec un chant de Noël, les œuvres listées comme « œuvres principales » chez Dickens sur la page wikipédia française, ce qui montre bien, pour le grand public, comment est vu Dickens aujourd’hui. De Dickens, on se souvient surtout de son œuvre sociale et de sa satire des mœurs de son époque.
Et pourtant, Dickens savait faire peur et voulait faire peur. Un chant de Noël se veut un pamphlet, une publication lançant une polémique et une réflexion sur le thème de l’Économie et de la répartition de l’argent. Dans son livre « 
Charles Dickens from A to Z”, l’auteur Paul Davis résume le message de l’oeuvre ainsi : “une société dont les maîtres ne se préoccupent que de rentabilité sans se soucier du bien-être général est une société mortifère “.
Dickens a par exemple connu la misére, il a même travaillés dans ce que l’on appelle les Ragged Schools, qui sont des écoles gratuites qui essayent de donner un minimum d’instruction à tout un chacun, même si Dickens déplorait qu’on y soit obligé aussi de parler religion.

Sn : D’ailleurs, c’est finalement le côté religieux de l’oeuvre un chant de Noël qui sera accentué par d’autres, un côté qui est évidemment présent, ne serait-ce que par le découpage même de l’oeuvre. Mais aussi un côté qui a mangé la raison principale de l’oeuvre selon Dickens, son côté social.

Pu : Non, mais ça va, c’est sympa de faire référence à l’oeuvre originale, mais bon, c’est un peu abusé. Ouais, c’est une oeuvre connue, mais un chant de noël, ça n’a pas non plus eu un impact si fort dans la société quoi.
Sn : Merry Christmas.
Pu : De quoi ?
Sn : Merry Christmas. Que l’on peut traduire par “Joyeux Noël”. Ce n’est pas Dickens qui a inventé la phrase, mais c’est via ce roman que ça a été popularisé et que tout le monde le dit. C’est déjà un sacré impact sociétal, non ?
Pu : Ouais, mais …
Sn : Le roman originel est sorti en 1843. Au Printemps 1844, le journal The Gentleman's Magazine notait une augmentation visible des dons en faveur des plus pauvres.

Pu : Okay, mais …
Sn : Dickens est mort en 1870. En Décembre 1870, selon le magazine the Graphics, une partie du pays a été invitée à lire l’histoire en famille, rideaux tirés prés de la cheminée.

Pu : Légende, ça va, c’est pas …
Sn : Au Xxéme siecle, soit plus de 50 ans aprés la publication, la reine de Norvége envoyait des cadeaux aux orphelins londoniens en signant Tiny Tim. Pendant la premiére guerre mondiale, selon Ruth Glancy on lirait ce conte dans les tranchées pour se remonter le moral. Tu en veux encore ou tu jette l’éponge ?
Pu : Toi, quand t’as une idée en tête, tu l’as pas dans le cu …

CURIEUSEMENT donc, en utilisant le côté Zombie, cette adaptation renoue avec le récit originel et son envie de faire peur pour bien montrer l’horreur de la situation actuelle, et l’urgence avec laquelle il faut changer de modéle de société, et éviter que des gens meurent de froid ou de faim alors que d’autres possédent tant de richesses.
Utiliser les zombies ici permet de renouer avec cette idée premiére. Mais si nous avons parlé de ce que le côté zombie permet de remettre en avant dans le récit originel, nous n’avons pas parlé de ce que le récit originel permet de faire au genre zombie en général.
Car oui, encore plus curieusement, si le genre zombie fait du bien au titre, je trouve aussi que le fait de mélanger les deux fait aussi du bien au genre zombie. Je m’explique.
Je trouve 2 faits qui font du bien aussi au genre zombie tel qu’on le connaît en rappellant ses racines. Car oui, le genre zombie tel qu’on le connaît est une évolution du fantôme d’autrefois, et aussi, le genre zombie s’est crée autour d’une message à revendication social et sociétal. Et on va voir ces deux points en détail.
PU : Eh, mais attends une minute … Depuis tout à l’heure, tu parles plus du tout de comics, en fait ?

Sn : Bah, plus tout à fait. Mais j’explore la pertinence de l’idée de Base du comics, mine de rien.
Pu : Ouais, c’est ça … (en toussant) Fraude.

Commençons par l’idée que le genre zombie, tel qu’on l’entend, est une évolution du fantôme d’autrefois. L’idée de mort revenant à la vie existe dés l’antiquité. Certains pourraient penser aux égyptiens, et aux mommies, mais non en fait. Pour les égyptiens, les morts ne peuvent pas revenir dans le monde des vivants. Pourquoi garder les corps en bon état, alors, avec la mommification ? Car chez les égyptiens, l’âme (ou le Bâ, ce qui survit et va dans l’aprés-vie) reste lié au corps, et celui doit donc rester en bon état pour que l’âme reste elle aussi en bon état et puisse profiter de la vie aprés la mort. Et même si Osiris techniquement revient à la vie, il reste chez les morts et va pas se balader sur Terre, lui. Et c’est plus ou moins une illustration du rapport corps/aprés-vie.
PU : Tu t’éloignes doucement du sujet, archéologie-Boy.
Sn : Et tu as raison, on va reste concentré.

La résurrection, qui est quand même un poil liée au thème du zombie, est à la base pourtant bien une idée liée aux Dieux et à la mythologie en général. Mais c’est dans les religions grecques et mésopotamiennes qu’on va voir des mortels pouvoir revenir à la vie, comme Adonis à qui Zeus va rendre la vie ou une presque résurrection dans l’histoire d’Orphée et Eurydice. En Mésopotamie, la déesse Ishtar menace régulièrement de réveiller les morts qui se nourriront des vivants, comme dans l’épopée de Gilgamesh ou encore dans le mythe de sa « descente aux enfers ». Et bien sûr, les religions monothéistes vont continuer à parler de Résurrection, on pense tous au célébre crucifié revenu aprés 3 jours, mais sans être d’origine divine, un mortel comme Lazare pouvait être ressucité également. Néanmoins, il faut noter que depuis qu’on a des sources bien plus précises, on n’entend plus trop parler de résurrection, ou alors comme vague objectif lointain à la fin des temps.
Pu : Oh, bah comme c’est bizarre, tiens.
L’idée de fantôme, elle, se trouve déjà chez les éyptiens un peu. Bah oui, si l’âme (le Bâ) existe, c’est un peu une sorte de fantôme, et il peut aider ou faire chier les vivants. Donc, autant vénérer de temps en temps les ancêtres, un petit coup de pouce dans le bon sens, ça fait pas de mal. On a trouvé trace sur des tablettes babylonniennes d’astuces pour calmer l’esprit des defunts.Et chez les grecs, l’idée du fantôme existe aussi. Et ça a l’air un peu plus déprimant d’ailleurs, puisque chez les Grecs, ce sont les Ombres qui servent dans l’aprés-vie. L’idée, c’est que tu traînes misérablement dans les enfers sans rien à foutre en ressemblant grosso-modo à notre idée du spectre moderne. Y’a juste que si tu joues à Age of Mythology que ça peut être fun 5 minutes, où t’as Arkantos qui passe et qui t’envoie tuer des minotaures.
Pu (fond vert) : Oh, la réf de vieux.
Sn (fond vert) : Certes, mais j’adore ce jeu.
Avec le temps, cette idée du spectre antique grec va commencer à ressembler à notre conception actuelle du spectre, qui peut venir te faire chier sur Terre plutôt que de rester aux enfers. On estime au alentours du Véme siécle avant Jésus-Christ l’idée de ce genre de spectre, soit dans l’âge d’or de la démocratie athénienne, le siécle de Périclés. C’est par exemple à cette époque que le poéte Eschyle va utiliser un spectre dans une œuvre de fiction, en utilisant le fantôme de Clytemnestre dans sa triologie sur Oreste ou encore au siécle d’aprés que Sophocle va en parler dans ses tragédies sur Ajax et Electre.
Chez les romains, c’est encore plus clair, on croit aux fantômes comme à notre époque puisque Pline le jeune, vers les premier siécle aprés Jesus-christ, nous parle de fantômes dans ses lettres. Et d’ailleurs, c’est à cause de la description de Pline le Jeune qu’on imagine les revenants avec des chaînes, puisqu’il nous parle de revenants qi font comme un bruit de chaînes. Une chose que l’on retrouve toujours dans un conte de noël et donc dans notre adaptation comics avec le personnage de Marley. Bref, le fantôme est là depuis longtemps.
PU : Youp-di-dou. Mais c’est quoi le rapport avec le schmilblick ?
Sn : J’y arrive petit à petit.

Même Jésus, quand il revient d’entre les morts, doit dire à ses disciples qu’il n’est pas un fantôme. Bref, non, y’a pas, là, on y croit, et on est arrivé aux fantômes qu’on connaît bien. Même si au moyen-âge, y’a quand même des mecs un peu tarés qui veulent faire des prises de catch aux fantômes, c’est plus du grand spectacle qu’un vrai changement dans la vision des fantômes, qui désormais peuvent hanter des lieux, passer à travers les murs, bref, des fantômes, quoi.
D’ailleurs, en français, on estime que c’est vers 1165 que le mot « Fantosme » va vraiment prendre son sens actuel, là où il désignait plutôt des illusions, des fantasmagories, avant cela.

Néanmoins, je ne pense pas que le fantôme avait un aspect social dans son utilisation, à part quelques œuvre spécifiques éventuellement, car toute règle à son exception. Je dirais que c’est plutôt un outil de contrôle social, éventuellement, il faut suivre les coutumes et être enterré selon les rites pour ne pas devenir un fantôme, mais c’est à peu prés tout.
Mais dans le contexte victorien, le fantôme commence, je trouve, à être utilisé socialement. Les histoires de fantômes, qui abondent à cette époque, ont généralement un sens et une morale pour la société. Et oui, le meilleur exemple, c’est un conte de Noël.Pu : Oui, mais ça, tu l’as déjà dit.

A partir de cette époque, le fantôme va devenir de moins en moins effrayant. Par exemple, les récits de mariage surnaturel, souvent sanglants du moyen-âge, comme la légende de la mariée morte, deviennent plus romantiques vers le XVIéme siécle, comme par exemple la légende juive de la mariée morte, qui encore aujourd’hui inspire, comme par exemple dans les noces funébres de Tim Burton. Vous allez me dire, Sn, du coup, c’est un zombie et pas un fantôme, mais c’est justement mon point : à l’époque, on ne faisait pas vraiment la différence, et un corps revenu à la vie était designé un peu comme un fantôme aussi.
Par exemple, ce conte de la mariée morte se trouve dans des reccueils en allemand comme Das GespensterbuchSn (fond vert) : Soit, littéralement, le livre des fantômes.
Ou encore en français dans Fantasmagoriana dont le sous-titre est recueil d'histoires d'apparitions de spectres, revenants, fantômes. Donc, historiquement, on n’aura pas de soucis à dire qu’on peut parfaitement mélanger fantômes et zombies, et donc que oui, on peut avoir des zombies dans un conte de noël si on veut.
C’est plus au Xxéme siécle qu’une scission assez forte va se faire entre fantômes et morts-vivants, et que, comme on l’a déjà vu, les fantômes vont plutôt perdre beaucoup de leur côté effrayant pour plus jouer sur le côté « humain décédé », de jouer sur les sentiments comme l’amour, le rire, … et où le côté corps décomposé sans âme qu’est devenu le zombie qui a gardé tout le gore et l’horreur, avec un peu les démons qui viennent aider, aussi.
Démon : Hé, j’ai déjà dit que j’avais rien à foutre dans cette histoire !
Voix-off : Oh, pardon
Démon : Bah quand même ! Bon, pour cette histoire de drones, là, …
Quelque part, avec cette séparation pas totale, mais assez nette je trouve, entre un esprit sans corps qui représente plutôt l’âme et un corps pourrissant sans vraiment de cervelles ou de volonté, on a limite un tour complet pour retourner à une situation pouvant faire penser à la situation égyptienne de l’âme et du corps, avec le Bâ qui va dans l’autre-monde et le corps qui reste sur place.
Alors, certes, la scission n’est pas nette, hein, les zombies peuvent aussi aller dans le domaine du sentiment, comme la comédie romantique Warm Bodies, ou , plus intéressant, l’événement Blackest Night chez DC Comics où les morts reviennent à la vie pour créer une réponse émotionnelle chez les vivants et se nourrir de cette réponse émotionnelle. Mine de rien, ce n’est pas commun, et reste encore une exception dans les récits de zombie.

Mais je pense que j’ai pu montrer que les zombies, dans l’inconscient populaire, a remplace le fantôme dans sa partie purement terrifiante, et que pour un récit comme un conte de Noël où l’on cherchait à terrifier pour changer des mœurs sociales, hé bien, c’est une bonne idée que de prendre leur évolution dans la terreur, le Zombie.
Mais le Zombie n’est pas non plus, à notre époque, une créature neutre dans nos sociétés, et il est intéressant de voir ce que ce changement fait au côté social de l’œuvre.
Et pour parler de ceci, il est intéressant de se demander : c’est quoi le zombie, alors ?
Pu : … Mais t’as pas fait littéralement une présentation rapide du zombie dans la partie 1, déjà ?
Sn : Oui, mais je me suis lourdement restreint sur la description, là, on va s’amuser. Et on va commencer par parler de la différence entre le zombie du vaudou et le zombie vue actuellement.
Parce qu’on va pas se mentir, en général, c’est plutôt l’imaginaire des occidentaux qui se retrouve globalisé, rarement celui des autres populations de ce joli globe. Néanmoins, la présence, de par les différentes colonisations et l’esclavage, d’un certain nombre de ces populations généralement ignorée depuis quelques siècles va créer l’émergence culturelle de nouveaux courants : par exemple, le Jazz, à la fin du XIXéme et au Xxéme siécle. On pense que c'est lorsqu'Haïti a été occupé par les États-Unis entre 1915 et 1934 que le zombie s’est retrouvé dans le folklore américain.

Le thème passera d’abord par la littérature, notamment par des attaques pour dire que c’est pas bien, c’est caca, que la religion vaudoue c’est le mal et que bouh, c’est pas gentil.
Pu : Oulah, tu baisses, niveau Lyrisme.
Sn : Bah, ça commence à faire un moment que je parle, hein, aussi.
Par exemple, c’est le cas du livre Le Roi blanc de La Gonâve de Faustin Wilkus, qui dit grossiérement que le Vaudou, ça pue, alors qu’il est très mal placé pour le faire. En effet, pourquoi le roi blanc en titre de son bouquin ? Eh bien, pendant quelques années, de 1926 à 1929, il sera considéré comme le nouvel empereur de l’île de La Gonâve parce que, bah, selon les croyances vaudoues du coin, il était dit qu’un type nommé Faustin viendrait et deviendrait le nouvel empereur. Bref, il devient pendant quelques années une sorte de co-empereur avec la reine locale, la Reine Timemenne, et en profitera pour enfin récupérer l’impôt que les américains demande. Oui, parce que les américains avaient du mal à lever l’impôt là-bas, en 20 ans, ils ont levés difficilement 2 mille dollars, bah le Faustin, il a levé 10 mille dollars en 1 ans. Hé, le vaudou ça pue, mais ça aide quand même, il faut pas cracher comme ça dans la soupe, Faustin.
Mais c’est surtout le livre l’île magique de William Seabrook qui va faire parler du Vaudou. Paru en 1929, ce livre est l’œuvre d’un explorateur et reporter, ce qui changera le point de vue et la façon de présenter les choses. Ainsi, il mettra, pour une fois, à égalité les religions chrétiennes et vaudoues, ce qui piquera définitivement l’interêt de la population américaine. Le livre est un succés, il est adapté en piece de théâtre qui sera un bide complet, mais cette adaptation fera que le sujet arrivera sous le radar du cinéma, qui cherche toujours des sujets à adapter.
Le premier film de zombie sera donc … « White zombie » des fréres Victor et Edward Halperin. Sorti en 1932 et renommé les « morts-vivants » par chez nous, le film parle d’un couple qui est invité par un ami chez lui en Haïti. L’ami a une idée, aller voir un maître vaudou blanc pour zombifier temporairement la femme, laissant donc l’homme penser qu’elle est morte, puis la libérer et l’épouser à la place du mari. Enfin, ça, c’est le plan de base, tout le monde a ses propres plans, y compris le sorcier vaudou joué par Bella Lugosi que vous connaissez peut-être mieux sous le rôle du Comte DRACULA !
[Tonnerre, rire maléfique]
Pu : … On a déjà assez avec les zombies, hein, on va pas commencer à faire des mix-ups non plus.

Bref, c’est ainsi que le thème du zombie va passer dans la culture Etats-Unienne via la littérature, puis le cinéma. On pourra les retrouver ensuite à différents endroits, et bien sûr en comics. Oui, on va parler comics dans cette émission de comics.
PU : Enfin ! (Fond Vert)
Alors, en ce qui concerne la première apparition d’un zombie, je vais faire deux approximations, hein, il est possible que j’oublie ou que j’ai raté des choses, hein. Pour un zombie au sens général, je pense de suite au personnage de Solomon Grundy, Cyrus Gold, un marchand du XIXéme siécle mort dans un marais. Et parfois, il est lié à la Terre et aux plantes, et parfois un peu à la religion Vaudou, ça dépend des époques et des scénaristes. En tout cas, Solomon Grundy est certes né un lundi, mais a été crée en 1944, ce qui en fait possiblement le premier zombie des comics.

[Note : Ici, la vidéo donne un rajout sur des zombies vaudou avant Solomon Grundy. Je ne sais pas pourquoi ce n'était pas dans mon script, j'ai dû rajouter l'info en live montage]

Pour un zombie moins super-héroïque, je pense, mais c’est pas une information sûre, hein, que c’est possiblement dans le premier numéro du magazine Eerie en 1947. Eerie est un magazine d’horreur anthologique, avec plein d’histoires dont une sur un zombie.
En fait, les zombies, tel qu’on les entend aujourd’hui, étaient déjà assez souvent présent en comics avant que Romero ne fasse la forme « moderne » du zombie. Je suis pas en train de dire que les comics ont contribué à la forme moderne du zombie, mais un peu quand même, sous une forme de proto-zombie en tout cas.
La fin des années 40 et le début des années 50 sont particulièrement riches en forme de proto-zombie dans les comics. Dans son livre « The Horror ! The Horror ! », l’auteur Jim Trombetta nous explique que «  Un Fantôme est un esprit sans un corps, mais ce qui a possédé les années 50 est l’inverse : Un corps sans esprit – Un zombie » (A ghost is a spirit without a body, but what possessed the fifties was the reverse: a body without a soul — a zombie).
Sn (Fond Vert) : Notez qu’on retrouve encore cette opposition fantôme/Zombie, qui est je le pense, la colonne vertébrale de cette vidéo.

Bien sûr, cet élan dans les comics va s’arrêter avec un mouvement de protestation contre les comics et leur violence qui transforme nos gentils chérubins en monstres assoiffés de sang, avec des commission sénatoriales, le livre la seduction de l’innocent et des auto-dafés de comics dans les rues, ce qui conduit au comic-book code of authority. Ah, les Wokes qui veulent tout censurer, hein, on aura pas fait ça de mon temps, hein ma bonne dame, tout se perd.

PU : Mais c’était pas plutôt la droite conservatrice qui faisait brûler des trucs et demandait à la censure.
Sn : Oui, comme dans la majorité des cas aujourd’hui encore. Mais bon, faut crier contre les Wokes, il faut croire. (sort une casserole) Ce qui est dommage, j’adore cuisiner avec.

Bref, on ne verra plus de zombies dans les comics aprés le milieu des années 50 et ce pendant quelques temps, merci le Comics Code Authority.
[Comics Code avec bouche : De rien, toujours là pour aider.]
Retournons donc au cinéma, puisque la source en comics s’est tarie prématurément.
Bon, je vous fait pas la liste de tous les films avec des zombies version vaudou, hein, on a le film Vaudou en 1934, il est cool parce que l’ambiance est folle, les Astro-zombies c’est de la série Z assumée et follement marrante en nanar et Plan 9 from outer Space, c’est le film d’Ed Wood le plus décrié parmi tous les films décriés d’Ed Wood. Non, parlons des films qui vont commencer un peu à codifier le genre avant que George Romero n’entre en scène
[Début john Cena théme]
Non, pas maintenant la musique, mais bientôt. Surtout qu’en fait, y’a vraiment qu’un seul film qui mérite d’être mentionné, l’invasion des morts-vivants de John Gilling en 1966, ou, en V.O, The Plague of the zombies. Seul film de Zombie du studio britannique de la Hammer, il utilise toujours le théme du Vaudou, mais présente des cadavres en décomposition, et met un grand accent dessus. Notons que les comics d’avant le comics code avait une plus grande liberté graphique, et donc avait déjà utilisé le thème de la décomposition dans ces pages.
Et 2 ans plus tard, en 1968, sort la nuit des morts-vivants, ou Night of the living Dead, de George Romero.


Bah, alors la musique, j’ai dit George Romero
(John Cena THEME)
ah, bah voilà !
George Romero, c’est le daron du genre zombie actuel, celui qui a inventé le genre avec Night of the living Dead en 1968. Ici, ce n’est pas la sorcellerie qui raméne les morts à la surface, mais l’explosion d’un satellite, c’est la science qui se substitue au culte. Le zombie n’est plus unique, fruit des attentions d’un sorcier qui travaille au cas par cas, mais une masse informe et grouillante caractérisée par sa soif de chair et de sang.
Pu : Voir même, pour les plus gourmets, de cerveaux frais.

Le film parle déjà de societé, avec notamment son premier rôle, un noir américain, qui notamment finit éxécuté par les miliciens venus le sauver, parce que … Bah, ils l’ont confondus avec un zombie. Que voulez-vous, il avait pas la bonne couleur de peau. Et bien sûr, toute référence à des événements comme les 159 émeutes raciales de l’été 1967 aux états-unis ne serait que pure spéculation, bien entendu. Car oui, les 60s, ce n’est pas que le summer of love.

C’est avec son deuxiéme film de zombie, dawn of the dead, en 1978, que Romero va en rajouter une grosse couche politique, avec les survivants bloqués dans un centre commercial entouré de zombies. Les survivants vont donc profiter de tous les bienfaits du capitalisme à outrance entouré de la Mort qui rôde, des survivants qui tente d’ignorer l’horreur qui les entourent en s’enfonçant dans la jouissance des biens matériels. Mais voilà, le zombie devient une mode, et va donc lentement se modifier.En effet, aprés une période de critique sociale forte, le genre zombie part dans tous les sens, comme toutes les modes, mine de rien. Wes Craven revient au vaudou avec L’emprise des Ténébres, on a Dellamorte Dellamore de Michele Soavi qui va s’interroger sur comment continuer à aimer aprés la mort de l’être aimé, Brain dead de Peter Jackson est un film B très potache et clairement, c’est l’approche Resident Evil qui gagne, des thémes recyclés en semi-variation à l’infini avec des vibes de plus en plus nanar.
Mine de rien, c’est 28 jours plus tard de Danny Boyle qui redonne un coup de jeune au genre zombie en le traitant un poil plus sérieusement en 2002, mais je lui préfère sa suite, 28 semaines plus tard de Juan Carlos Fresnadillo, qui renoue avec la critique sociale de façon claire, avec son épédimie terminée officiellement selon les autorités qui sonne particulièrement juste en ces temps où le Covid est officiellement terminé, mais continue à tuer de façon claire, et où les camps de survivants sont traités assez clairement comme des camps de réfugiés, et croyez-moi, vous avez intêret à être du bon côté parce que les soldats, ils ont la gâchette facile.
Et le côté commentaire social, mine de rien, il tient encore. Le dernier train pour Busan, un super film de zombie dans un train est une excellent critique de l’individualisme, Rammock utilise les zombies pour parler de comment on peut facilement perdre le contrôle de soi-même en proie à de fortes émotions, The Battery met l’accent sur l’ennui et la monotonie du quotidien, où survivre aux zombies est juste une nouvelle forme de journée aliénante et répétitive au final, … Même les comédies, comme Shaun of The Dead, Bienvenue à Zombiland ou encore Cooties réussissent à intégrer des commentaire sociaux au milieu de la comédie pure.
Même Romero était revenu faire un film en 2005, Le territoire des morts, où les zombies sont en train de se structurer en société aprés ses précédents films, et donc nous parle lutte des classes entre vivants et morts-vivants, c’est pas mal. Bon, c’est plus aussi subtil, mais on est je crois rentré dans une période où les artistes abandonnent de plus en plus la subtilité devant la mauvaise foi de certaines parties du public, refusant de comprendre les messages se trouvant dans le divertissement.
Sn : Oui, pour moi, c’est volontaire que les artistes en général soient de moins en moins subtils. Je vuex dire, la subtilité, Ça fait de très jolies œuvres, il est vrai, mais assez peu efficaces sur l’ensemble du public niveau message et je pense que les auteurs en ont marre. Mais j’y reviendrai probablement sur une autre vidéo un jour ou l’autre.
Pu : TEASING.
Romero fera d’autres films, comme Diary of the dead (ou chronique des morts-vivants en français), qui sera plus une critique des médias et d’autres choses, mais ce qui est intéressant pour moi, c’est qu’ensuite, le tout a continué … En comics, les loulous et les louloutes, car cette vidéo est un gigantesque ourbouros géant où on ne cesse d’alternerentre les médiums !
Empire of the dead, 3 mini séries sorties entre 2014 et 2015,et qui est la suite de cette saga des zombies de Romero, où on rajoute en plus les vampires, bref, c’est un peu le boxon, je l’avoue, mais quand même !Bref, nous l’avons vu, le genre zombie est un terreau incroyable pour le commentaire social. Et c’est pas juste moi qui le dit, hein, mais beaucoup de gens, spécialistes et connaisseurs.
Bon, okay, prenons un argument d’authorié, tenez, prenons ce que dit Jean-Baptiste Thoret dans son livre « politique des zombies » sorti en 2007 : «  Le Zombie, c’est l’application rigoureuse et littérale des lois du capitalisme, une nouvelle dissidence qui loin de s’opposer au système, pousse sa logique jusqu’à son point de rupture. Symbole littéral des impasses de la société de consommation, des enterrés vifs de l’Histoire américaine, il est cette contre-fiction qui prend d’assaut le cadre et le déborde. Mû par aucune motivation si ce n’est la logique d’un strict réflexe alimentaire, le Zombie constitue ce bloc insensé [...] qui cristallise une Amérique en quête de sens, une nouvelle société qui veut dévorer l’ancienne ».
Sn (fond vert) :Bon, c’est sûr, ça a une autre gueule quand c’est lui qui le dit plutôt que mes pitreries habituelles.
Mais c’est très intéressant, et finit de montrer en quoi changer les fantômes d’un conte de noël par des zombies dans ce titre est, mine de rien, excellent.
Un conte de Noël est une nouvelle de 1843, à une époque où le capitalisme que nous connaissons aujourd’hui n’en était encore qu’à ses balbutiements. La Révolution Industrielle qui lui a donné son boom initial avait déjà bien pris ses marques au Royaume-Uni, s’était installé dans quelques autres pays d’Europe, mais n’était pas encore le système mondial que nous connaissons aujourd’hui.
Un conte de Noël est un conte purement britannique. Le zombie, comme nous le montre la citation de Jean-Baptiste Thoret, nous montre normalement plutôt l’Amérique. Mais c’est finalement aujourd’hui la même chose en terme des façons de produire et plus ou moins de traiter sa population, et c’est ce qui est intéressant dans un Chant de Noël. En plus de changer la figure du fantôme par ce qui l’a remplacé de plus effrayant dans la culture moderne, le zombie, ce changement est aussi le plus pertinent en ce que cette créature morte-vivante se complaît dans le commentaire social et même semble avoir été crée dans sa forme moderne pour cela. C’est donc une formidable cure de jouvence pour le conte. Et une cure en plus écrite de façon très subtile par le scénariste Jim Mc Cann, et j’ai même les preuves pour montrer qu’il suffit pas juste de mettre des zombies pour que ça marche, non, il faut aussi réfléchir à ce qu’on veut dire et que cela fasses sens.
Petite disgression, donc, pour parler d’une coïncidence assez marrante et fascinante, la même année que ce comics sort, en 2011, est sorti aussi un roman intitulé Zombie Christmas Carol, ecrit par le romancier Micael G. Thomas. Et celui-ci ne fonctionne pas du tout.Dans cette version, l’apocalypse zombie a déjà eu lieu, elle a tué Jacob Marley, l’acolyte de Scrooge et on n’a plus vu de zombies depuis 7 ans quand le roman commence. Et on ne voit vraiment des zombies que quand on a l’ésprit des noëls passés, et celui du futur, car une secte veut encore ressuciter les zombies grâce à un artefact chelou. Et comme Scrooge a vu ce qui va se passer en allant dans le futur, bah, il va pouvoir l’empêcher. Paf, la fin. C’est naze, ça perd tout ce qui fait un conte de Noël sa porté politique et social, et même, j’ose, ça perd sa porté poétique, parce que les rajouts sont tout nases.

Jim Mc Cann, lui, a su préserver ces aspects et les renforcer via une simple cure de jouvence, en utilisant la figure parfaite pour dénoncer les méfaits humains et notamment ceux des sociétés humaines, la figure du zombie.Et quelque part, le zombie est un peu adoubé, ou l’est encore plus, en devenant un rouage intégral et parfaitement naturel du conte social le plus connu du monde. Et en change son rapport à la mort, et c’est le point le plus intéressant de tout ce changement.

La mort. La mort est le droit le plus inaliénable de tous, la seule promesse offerte à tout être vivant, et ce dés sa naissance. Il n’y a qu’une chose qui soit sûre dans ce chaos qu’est la vie, c’est qu’à un moment, tu rendras ton dernier soupir.
PU : Bah purin, heureusement que tu voulais un esprit festif …
Sn : Oui, bah, c’est l’esprit festif d’un dépressif, hein, on fait ce qu’on peut !

Dans l’original, Dickens commence à faire un constat sur l’exploitation qui commence au moment de la Révolution Industrielle, que cette exploitation fait perdre les droits. Qu’il y a une différence entre cette exploitation et celle d’avant. L’individu avait encore une certaine importance dans le système monarchique, et même le plus petit des serfs pouvait espérer le salut de son âme en suivant les règles. Dickens nous disait que ce n’était plus suffisant, la preuve en était les fantômes.
Peu importe nos croyances, nos âmes n’étaient plus certains d’être sauvées, et c’est peut-être pour avoir fait sauter un certain tabou sur la mort, d’avoir été un cran plus loin que nous pouvons remercier la littérature gothique anglaise.
Il fallait faire plus qu’auparavant pour mériter le repos de l’âme promis après la mort.

Ici, Jim Mc Cann vit des siècles après Dickens. Ce système, que nous appellerons Capitalisme par souci de simplicité parce que c’est déjà très long comme explication, s’est mondialisé, et a pris part à presque tous les pans de nos sociétés.
Il faut donc … Moderniser le message.
Aujourd’hui, nous ne cherchons plus tellement le repos de l’âme promis après la mort, ou en tout cas plus de la même manière. Disons que pour le dire autrement, on cherche plutôt déjà une belle mort où l’on ne souffrirait pas trop. Les soins palliatifs, les médicaments, tout autant de signe que nous cherchons plutôt à s’occuper de ce qui se passe avant la mort plutôt qu’après.
Ceci n’est pas un jugement dans un sens ou dans un autre, mais un fait, un constat.

Et c’est aussi une des raisons de la perte de puissance des fantômes, d’ailleurs. On s’occupe de l’avant-mort plutôt que de l’aprés-mort.
… Et c’est là qu’arrive le zombie. Lui qui n’est pas mort, pas vraiment. Ma toute premiére définition, dans la première partie, le définissait comme l’oxymore mort-vivant. Et une oxymore, ça consiste à allier deux termes qui ne vont pas ensemble : Une douce violente, par exemple. L’honnêteté d’un ministre, aussi. Ou bien mort-vivant.
Le Zombie empêche la mort définitive.

Dickens nous disait que ce nouveau système, le capitalisme toujours pour simplifier, pouvait nous priver de l’objectif de société d’alors, le repos de l’âme après la mort.
Aujourd’hui, McCann a modernisé le message : le capitalisme nous prive de notre objectif de société actuel, réussir notre mort.

Force est de constater que le Capitalisme fait effectivement peu de cas de la Mort. Si un prisonnier meurt dans certains pays, on récupère son cadavre et des entreprises en font … du collagéne. Cela a été le cas pour les condamnés à mort chinois dont le collagène, une bonne partie du tissu humain, a fini dans des entreprises de cosmétiques à destination d’en dehors de la Chine.
La propriété intellectuelle, seule propriété censée être éternelle, est régulièrement, voir sans cesse baffouée par des entreprises qui exploitent certaines créations, et j’en sais quelques choses, je parle d’une de ces industries, la bande dessinée.
L’exploitation de nos données ne s’arrêtent pas non plus à notre mort. Oh que non. Facebook commence déjà à réfléchir à des façons de créer après votre mort votre compte en … compte de commémoration. Si vous n’avez pas encore eu Facebook qui vous notifie qu’aujourd’hui, c’est l’anniversaire d’un proche décédé, ne vous en faites pas, ça arrivera bien plus vite que vous ne le pensez. Certains pensent déjà à l’intelligence artificielle pour recréer numériquement les morts et converser avec eux.

La mort. La mort est le droit le plus inaliénable de tous, et on est en train de le perdre également.
C’est le constat que pose finalement Mc Cann ici. Nous sommes tellement déshumanisés que dans l’esprit de certains parmi les plus riches, nous n’avions déjà plus droit au repos de l’âme, mais également plus à une belle mort, ni même à juste une mort. Nous sommes des rouages d’une machine devant sans cesse être graissée, et ma foi, le sang est un liquide aussi noble que l’huile.

D’où le Zombie, troisiéme voie entre la vie et la mort, qui permet de rebattre les cartes.
Ah, et pour donner un peu plus de poids à mes paroles que juste ma voie, voici une citation de Jean-Baptiste Thoret dans son ouvrage « politique des zombies » : « Le Zombie, c’est l’application rigoureuse et littérale des lois du capitalisme, une nouvelle dissidence qui loin de s’opposer au système, pousse sa logique jusqu’à son point de rupture. Symbole littéral des impasses de la société de consommation, des enterrés vifs de l’Histoire américaine, il est cette contre-fiction qui prend d’assaut le cadre et le déborde. Mû par aucune motivation si ce n’est la logique d’un strict réflexe alimentaire, le Zombie constitue ce bloc insensé [...] qui cristallise une Amérique en quête de sens, une nouvelle société qui veut dévorer l’ancienne »

En faisant ce changement, non seulement Mc Cann continue la démarche de Dickens, mais même, il l’achève … Jeu de mot contractuel.
Dans le roman original, Scrooge ne meurt pas. Il n’en a pas besoin, pour gagner le repos de l’âme, il faut faire des bonnes actions de son vivant.
Ici, dans le comics, la mort est partout. Scrooge meurt dans la nuit de Noël. Le constat est bien plus dur que l’original. On n’a même plus le temps de la rédemption. Ce systéme doit cesser. Comme le dit Thoret, « Un société en quête de sens, une nouvelle sociéte qui veut dévorer l’ancienne. »

PU : Tu prends bien toujours tes anti-depresseurs, hein ?
Sn : Oui. Comme de plus en plus d’êtres humains sur Terre. Il faut bien ça pour continuer à vivre, hein ?


Bon, c’est qu’il serait temps, quand même, de commencer à aller vers une conclusion, en quelque sorte.
Pu : Après avoir blablaté autant, ouais, tu m’étonnes.
Et je dois bien vous dire qu’en teasant le sujet il y a quelques années à la fin du dernier calendrier de l’avent purement fiction, je ne m’attendais pas à faire autant de pages sur le sujet.
Parce que la première fois où je l’ai lu, ce comics, je l’avais trouvé sympa, mais sans des masses de trucs extra non plus. C’est avec le temps que toutes ces réflexions me sont venues, que c’était du génie de moderniser les fantômes avec la figure du zombie, que ce changement fait autant de bien à l’œuvre originale de Dickens qu’au genre Zombie au lui-même, maintenant digne d’être comparé à l’oeuvre sociale horrifique par excellence.

Alors, qu’est-ce que ça veux dire ? Que si on passe suffisamment de temps sur une œuvre, on y trouve forcément des trucs bien à dire ? Je ne pense pas, je bosse aussi depuis plein plus longtemps sur d’autres œuvres, comme All-star Batman et Robin, JLA Act of God ou encore Wolverine le meilleur dans sa partie, et mon avis reste désespérément négatif sur ces œuvres. Donc, c’est pas uniquement une question de temps passé dessus.
Alors, ce serait quoi, la morale de cette histoire ? Que certaines œuvres cachent tellement bien leurs qualités pour qu’elles paraissent si naturelles qu’on y réfléchit pas vraiment et qu’on peut classer ça facilement dans les choses moyennes, parce que oui, c’est tellement évident qu’on ne réfléchit pas au travail derrière au premier abord ? Ah, j’aimerais qu’il y ait un peu de ça. Non, j’aimerais que ça ne soit que cela, mais ce serait trop facile. La vérité, c’est que c’est plutôt un mélange de cela et d’autres choses.

Cette autre chose, et c’est assez clair dans mon cas, c’est ce fameux horizon des attentes dont je vous ai parlé dans le comics Story numéro 15. Un horizon des attentes qui m’a gravé, et qu’on retrouve encore dans la façon dont je dis souvent le titre de cette œuvre. Parce quand je ne réfléchis pas, quand je ne fais pas attention, bah, Je ne dis pas : « Zombie Christmas Carol ». Non. Je dis « Marvel zombie : Christmas Carol ». Ma première façon de voir l’œuvre a été en lien avec l’univers Marvel Zombies, alors que rien à voir, en fait. Et qu’est-ce que ça a teinté mes premières lectures. Personne n’est insensible au jugement à priori d’une œuvre, et certainement pas moi. Mais qu’est-ce que ça fait du mal à certaines œuvres, ce genre de jugement.
D’ailleurs, j’espère aussi ne pas vous créer avec cette vidéo un horizon des attentes beaucoup trop positif à l’inverse. L’œuvre est solide, extrêmement solide, mais je pense qu’elle apparaîtra beaucoup plus moyenne à quelqu’un qui n’aime pas autant « un chant de Noël » de Dickens que moi.
Pu : Ah bon, tu aimes Dickens ? On n’avait pas remarqué.
Sn : Gnagnagna.

Si on n’est pas un grand fan de l’œuvre de Dickens, la lecture est solide, mais vous perdrez le côté excellence de comment le scénariste Jim Mc Cann joue avec tous les détails de l’œuvre d’origine pour les renverser et les transformer comme il le souhaite.
Et d’ailleurs, je rappelle qu’il existe une version française, un peu ancienne maintenant, publiée par Panini à l’époque. Donc, si vous êtes curieux, vous savez où chercher pour trouver votre dose de cerveaux frais.
Pu : Purin ! Enfin fini !
Sn : Ouais. Ça a été long, mon vieux. Mais j’en suis assez content. On devrait fêter ça, tu sais.
Pu : Carrément.
Sn : On se fait un p’tit resto ? Y’a un p’tit thaï au coin de la rue, il est mamamia, je te dis que …
[DRIIIIINNNGGGGG]
Pu : … T’attendais quelqu’un ?
Sn : Pas que je sache. Je vais voir.
[DRIIIIIIIIINNNNGGGG]
Sn : Ouais, on arrive.
Pu : Dis-lui que je suis là, ça va le calmer.
Sn : Ouais, c’est sûr.
[DRIIIINNNNNG]
Sn : Ouais, je suis là.
[Regard oeilleton : c’est un zombie]
Sn : Euh … Non, en fait, je suis pas là.
[DRRRRRRIIIIIINNNNNGGGGGGG]
Pu : C’est quoi le dossier ?
Sn : Bah, regarde.
[Oeilleton, zombie]
Pu : Oh purin, un zombard !
Sn : Bah, ouais.
Pu : Mais … Mais c’est le gros Tony que j’ai décanillé tout à l’heure !
Sn : Quoi ?
Pu : Attends, bouge pas, là, c’est différent, c’est du taf non terminé.
[Blam, Blam, tête explosée]
Pu : Voilà. Probléme terminé.
Sn : Euh, mec, y’en a d’autres, regarde !
Pu : Oh. Bon. Euh …
Sn : Retraite !
Pu : B’Okay.
[Ferme Porte]
Sn : Mais c’est quoi ce birdal ?
Pu : J’sais pas … Mais ça a l’air d’en parler à la télé.
Sn : Oh, c’est le JT, remets le son !
[JT Comics, plan biais pendant générique, puis gros plan commis]
Sn : Une invasion zombie.
Pu : Oh purin, et j’ai pas racheté de crackers.
Sn : Attends, c’est ça ta réaction ?
Pu : Bah, ça me calme de manger des crackers. On va rester enfermé ensemble. Tu préres que je sois calme, non ?
[Dézoom progressif, appart vers Terre]
Sn : Oui, vu comme ça, oui … Tu veux une camomille ?
Pu : Tu déconnes, là ?
[ Sur Terre :
« L’invasion a commencée.
Mais tout cela est…
A SUIVRE ! »

Sources musicales de la vidéo

Merci à tous ces gens.

. La musique du Générique de début est toujours "Pah pah ooh pah ooh" composée par le groupe de rock français The Dogs (groupe des 60s) et réarrangé ici par Tony Truand, dans l'album dédié au groupe Stories of the Dogs (premiére piste du deuxiéme disque)
. Un bout instrumental de la chanson Paradigmes du groupe La Femme est utilisé en tout début de vidéo.
. Les Chansons "A little Worried", "Field Cloudy", "Icolo", "Laughing Fang" & "Seven Council Meeting - Sakakis Theme" de la bande-son du jeu vidéo .hack://G.U ont été utilisées
. Une cover de la chanson "The Man who Sold the World" de David Bowie est utilisé sur la vignette de la vidéo aprés le générique (c'était censé être la vrai vignette, si j'avais sortie la vidéo 3 ans plus tôt).
. La Chanson "The Storyteller" de la bande-son du jeu Paranormasight - the 7th mysteries of Honjo a été utilisée.
. La chanson "A Darker Heart", du site aux musiques libres de droits Audionautix a été utilisée.
. La chanson "Mocking the lady Vodoo & Vodoo Jazz" de la bande-son du jeu Monkey Island 3 a été utilisée.
. La bande-son du jeu vidéo Voodoo Garden a été utilisé. Malheureusement, je ne connais pas le nom des différentes pistes.
. La chanson "Beautiful Ruin", de Daganronpa 2 : Goodbye Despair ont été utilisées.
. Les chansons "Exegesis", "Flux", "Rebirth", "Sanity", "Grounded", "Silencia", "Funk House" (musique du professeur Surexpliquos), "Encounters", "Lemon", "Long Form 4 - Ab Minor", "Long Form 6 - A Minor" & "Abyss" du groupe Sidetrax ont été utilisées (j'ai acheté les chansons via un bundle sur Humble Bundle)
. Les chansons "Deadlight", "Lament from beyond", "Death Around the corner", "Eerie", "Wallpaper", "The Giant", "Suburbs", "Last Stand (1)" & "Credits" de la bande-son du jeu vidéo Deadlight ont été utilisées.
. La piste "The time is Now", attachée à John Cena et composée par lui-même et Tha Trademarc a été utilisé à plusieurs reprises, parce que le même et le lol.
. Les chansons de la bande-son du jeu vidéo Dead of the Brain ont été utilisées. Malheureusement, je ne connais pas le nom des différentes pistes.
. Les pistes "The Longest Night", "Imminent Arrival", "Il Mondo Nuovo", "Blood Flow", "Il Mondo Vecchio" & "Some Kind Of Instinct" de la bande-son du jeu vidéo Zombie Army 4 ont été utilisées.
. Les pistes "Blue without You" & "Boulevard" de la bande-son du jeu vidéo Atom Zombie Smasher ont été utilisées.
. Les pistes "Village of the Dead", "Labyrinth of Death" & "Subway to Hell" de la bande-son du jeu vidéo Sniper Elite Nazi Zombie ont été utilisées.
. Les pistes "Droopy Lasers", "Oo la la la la la la" & "Heidelberg Clap" de la bande-son du jeu vidéo Bad Hotel ont été utilisées.
. Les pistes "Immortal", "An Unfamilliar World", "Ambitious Design", "Ancient Shadows (Warrior's lament)" & "Waking to Darkness" de la bande-son du jeu vidéo AI War Ancient Shadows ont été utilisées.
. Les pistes "Motel", "Cliff" & "Here We Are Again" de la bande-son du jeu vidéo Anodyne Remix ont été utilisées.
. La Piste "York An Zack" de la bande-son du jeu vidéo Deadly Premonition a été utilisée.
. La piste "Trial by herbs", de la bande-son Music inspired by the Witcher a été utilisée.
. Les pistes reconstruites de la B.O de Doctor Who "Scan Results", "Predict his actions" & "Activation Signal" par The Celestial Mechanic ont été utilisées.